Interview Le monde sur la question du Grand Oral du BAC

L'article est paru en format court compte tenu du sujet très précis concernant l'offre d'accompagnement florissante spécifiquement labellisé "Grand Oral du Bac" pour surfer sur la vague émotionnelle crée par ce nouvel exercice, mais ce fut une discussion qui nous a amenés à nous demander comment un système d’aiguillage et d’orientation basé sur les notes fini par exiger des appliquants d’être convaincant sur leur choix d’orientation.

Un effondrement du sens déroutant.

Comment justifier d’un choix qui n’est pas vraiment le sien, pour lequel on a été influencé et sur lequel on a pas suffisamment réfléchi. Tout un programme.

Ce sera également une première pour les examinateurs qui devront noter une argumentation, il faudra donc voir ce que cela donnera, mais il y a fort à parier qu’il ne faudra pas que ce nouveau BAC soit un échec, ce ne serait pas glorieux.
Nous pouvons aussi nous demander quelles seront les compétences spécifiques de ces examinateurs, auront-ils une formation de RH par exemple.
Du coup, si la qualité de l’argumentation est basse, il devra y avoir nivellement par le bas pour sauver l’honneur et cela se fera au détriment de l’intérêt de l’exercice. Pour avoir fait il y a 17 ans environ des simulations d’entretiens d’embauche à la sorbonne avec des étudiants en fin de parcours, si l’on considère que cela à une valeur empirique, il y a fort à penser que ce sera en réalité, un fiasco. La seule question restante étant de savoir s’il sera rendu public.

C’est également à mettre en relation avec ces statistiques du CNESCO (Centre national d’évaluation du système scolaire):

43 % des jeunes n’ont pas de projet professionnel au moment du choix de filière
47 % des enfants de cadres déclarent que leurs parents les ont poussés à suivre certaines voies ou filières
54 % ont renoncé à postuler dans une voie envisagée lorsqu’elle lui a été déconseillée
37 % des étudiants ne poursuivent pas dans la filière où ils étaient inscrits en fin de Licence

Ils cherchent bien sûr à trouver des solutions à ces problèmes, en s’assurant de la motivation des élèves pour les spécialités choisies et d’un projet professionnel réfléchi.

Intéressant sur la forme, mais d’une hypocrisie rare pour un système qui ne propose que 4 heures de cours sur l’orientation en classe de seconde (pour le moment).

Texte écrit en mai 2021.