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Bienvenue sur le Blog de Philippe Vivier, La publication de mes ouvrages sur le business de l'orientation et mes manuels d'auto-coaching me poussent en 2020 à enfin regrouper mon contenu éditorial au sein d'un Blog, vous pourrez retrouver au fur et à mesure toute mon actualité, mes derniers articles, mes essais, mes publications ainsi que mes dernières interviews dans la presse. Certains articles sont également traduits en Anglais.

Je tente avec l'humilité et la logique qui sont les miennes, une critique rapide, délibérément simplifiée et vulgarisée, envers les idées, les concepts et les théories que je rencontre dans le champ de ma spécialité, je vous encourage à l'être également avec les miennes. L'échange constructif est un formidable accélérateur de la pensée surtout lorsque celui se base sur l'argumentation.

 

Causes de l’échec scolaire et pistes de solutions pour les enfants sans prédispositions physiques ou environnementales

Je ne vais pas chercher ici à élaborer une énième définition de l’échec scolaire, car vous en trouverez déjà beaucoup en fonction des auteurs et des rédacteurs du web, selon Wikipédia : l’échec scolaire peut désigner un retard dans la scolarité, sous toutes ses formes.

Une définition suffisamment globale pour être dangereusement généraliste, mais après tout, cette notion a une signification directement liée aux représentations de chacun et n’est-ce pas d’ailleurs, pour ceux qui sont aux prises avec cette problématique, la cause qu’il est avant tout important d’identifier pour trouver des solutions. Là aussi, beaucoup d’auteurs vous listent les problèmes sans forcément proposer un approfondissement intéressant ou des pistes de solutions faciles à mettre en œuvre.
Je vais donc remédier à cela et vous livrer mon analyse de la problématique qui me semble, généralement, dans tout ce que j’ai pu lire, éviter soigneusement de mettre les pieds dans le plat pour s’assurer de rester dans le politiquement correct. Or, le politiquement correct est une bulle d’hypocrisie qui empêche d’adresser les problèmes tels qu’ils sont et empêchent donc de trouver des solutions efficaces.

Mais entre les uns qui définissent l’échec scolaire comme un « retard » dans la scolarité et les autorités publiques qui renvoient à la finalité en considérant que c’est le fait de « quitter le système éducatif sans diplôme » Site accédé le 23 novembre 2021 à l’adresse : https://www.education.gouv.fr/atlas-des-risques-sociaux-d-echec-scolaire-l-exemple-du-decrochage-france-metropolitaine-et-dom-3989.
En l’absence de définition officielle et entre les deux représentations de l’échec scolaire ci-dessus, la réalité est qu’une majorité d’enfants y correspondent à un moment donné.

L’OCDE considère également qu'un échec scolaire est le fait de quitter la scolarité sans diplômes.

Pour bien des parents et des professeurs, sur le terrain, on parle d’échec scolaire lorsque les mauvais résultats s’accumulent, que le retard n’est pas rattrapé et que l’enfant décroche et finit par montrer un désintérêt pour l’école et le travail scolaire, et ce dans toutes les matières. C’est rare au primaire, déjà plus fréquent au collège et encore plus récurrent au lycée.

Derrière cette appellation se cache pour chaque parent et étudiant une problématique bien différente.

C’est donc avec une volonté d’objectivité et de réalisme que je vais aborder la question de l’échec scolaire afin de proposer ensuite des pistes de solutions à mettre en œuvre pour le grand public qui s’intéresse à cette question et qui est aux prises avec l’échec scolaire tel qu’il est vécu.


Une situation préoccupante qui ne s’améliore pas




En France, en 2011, selon l’étude et le site du gouvernement citée ci-dessus : « À titre d’ordre de grandeur, parmi les 2 700 000 jeunes de 15-24 ans qui ne sont plus scolarisés, soit 35 % de cette classe d’âge, 685 000 n’ont pas de diplôme, soit 25 % en moyenne pour la France métropolitaine ». Mais comme on peut le voir avec les statistiques du chômage, ce chiffre n’est qu’une valeur de ce qui est pris en compte statistiquement et ne reflète pas forcément la réalité du terrain.

Quels sont les élèves concernés par l’échec scolaire ?


Selon les rapports officiels et l’analyse consensuelle de la situation par de nombreux auteurs et journalistes, les victimes de l’échec scolaire sont principalement et statistiquement issues des populations défavorisées.

Soit, mais comment sont construites ces statistiques ? Selon quels critères de sélection ? Avec quelles données et quel type d’échantillon ? Malgré des recherches approfondies, je n’ai rien pu trouver sur tout cela. Difficile dès lors d’en faire une analyse approfondie.

Je suis persuadé qu’il y a beaucoup d’élèves qui passent à travers les mailles des statistiques dans les milieux favorisés. En effet, des moyens coûteux peuvent être mis en place pour remédier à l’échec, le repousser dans le temps ou s’assurer qu’au final l’élève aura un diplôme. Il existe donc beaucoup de moyens pour les parents fortunés et démunis, et l’on peut citer parmi elles, le recours au soutien scolaire, au coaching scolaire et étudiant, les écoles privées hors contrat, les « boîtes à Bac » comme on les appelle, ou encore, les internats. Et après le Bac, si tant est que le gouvernement considère qu’il s’agit d’un diplôme, alors les difficultés rencontrées par les élèves ne sont plus considérées comme de l’échec scolaire.

Et puis, il peut y avoir des parcours variés avec des étudiants qui seront qualifiés comme étant en échec scolaire uniquement pendant quelques années de leur scolarité, finissant laborieusement à décrocher un diplôme à l’arraché. Ce qui peut laisser croire que la position du gouvernement de considérer l’échec scolaire dans sa finalité par l’obtention ou non d’un diplôme est assez cohérente.

Mais partant de là, un élève ratant son Bac à cause du stress alors qu’il a bien travaillé toute l’année et a un niveau de connaissance correct serait comptabilisé dans les statistiques et serait considéré comme en échec scolaire ? Ce serait inepte.

Nous pouvons rapidement ici faire un lien connexe avec la question de l’évaluation des connaissances largement critiquée pour son manque d’unité et d’homogénéité, cela a d’ailleurs été prouvé par une recherche scientifique. Je vous laisse approfondir cela de votre côté, car cela n’apporterait rien de significatif à cette réflexion.

Sans même aller très loin dans l’approfondissement, nous pouvons mettre en parallèle quelques chiffres clés pour nous permettre une évaluation de la situation plus juste, dépassant le simple cadre des statistiques fournies pour un problème spécifique :

19,8 % d’étudiants non scolarisés, ni emploi ni formation chez les 15/24 ans ( 2016 )(OCDE).

13 % d’étudiants sortant sans diplômes ( 2015 ) (DEPP — Insee)

24,7 % de non-diplômés parmi les 15-24 ans non scolarisés ( 2013 ) (Insee)

37 % d’étudiants qui ne poursuivent pas dans la filière où ils étaient inscrits en fin de Licence.

(Source Cnesco « Les indicateurs du décrochage scolaire » accédé le 25/11/2021 à l’adresse : http://www.cnesco.fr/fr/decrochage-scolaire/indicateurs/ et Source : Crédoc, « Aider les jeunes à mieux identifier leurs goûts et motivations personnelles : un levier pour améliorer l’orientation », Cnesco, 2018


Bien sûr, en ce qui concerne les 37 % d’échec en Licence, nous sommes ici en présence d’une statistique qui n’est pas considérée dans le contexte de l’étude comme relevant de l’échec scolaire, mais comme une erreur d’orientation.

En fonction de la façon dont on défini l’échec scolaire et en admettant l’aspect inévitablement limitatif de la prise en compte des élèves en fonction des critères des statistiques de l’échec scolaire et le fait que l’obtention d’un diplôme est bien un critère d’identification de l’échec scolaire et que la licence n’est pas un diplôme final de parcours scolaire ne permettant que rarement d’exercer un métier compte tenu de la compétition sur le marché du travail, alors nous serions donc en présence d’une tranche de pourcentage d’élèves en échec scolaire qui serait de l’ordre de 20/25 % à plus de 37 %.

Nous sommes bien probablement devant une problématique qui touche donc entre 1 élève sur 4 à 1 élève sur 3 !

Une réalité assourdissante pour laquelle la plupart des acteurs recherchent toujours des solutions.

Pour réfléchir à l’éducation et à cette problématique d’échec scolaire, il est indispensable de prendre en compte les parcours des étudiants afin d’identifier des raisons supplémentaires et les ajouter à la longue liste des solutions à trouver.

La question de savoir ou se situe le problème est centrale, seulement l’éducation nationale a beaucoup de mal à se regarder le nombril et quand c’est le cas, les changements tentés d’être opérés au plus haut niveau sont rarement répercutés en bas de l’échelle au niveau des professeurs ou directeurs d’établissements, il n’y a qu’a prendre l’exemple de l’encadrement des EIP (ou HPI) en école primaire, au collège et au lycée, globalement un désastre sans nom malgré la beauté des textes présents sur le site de l’éducation nationale et les innombrables ressources mises à dispositions des enseignants. C’est un sujet que je traiterais une prochaine fois, cela dit il est important d’être lucide sur les discours, les réformes, la volonté de l’exécutif et les véritables changements que l’on peut constater concrètement au niveau des professeurs et des chefs d’établissement.

Échec scolaire et échec de sa vie



On trouve beaucoup d’articles sur la toile traitant des causes de l’échec scolaire qu’il est sans intérêt de citer ici et dont on tire peu d’enseignements. Cela dit, un élément ressort fréquemment : de multiples auteurs tentent de faire une différence très nette entre l’échec scolaire et l’échec dans la vie, indiquant qu’il n’y a pas de rapport.
Évidemment, cela serait un parallèle effrayant.

Il ne s’agit pas de faire du sensationnalisme, nous sommes suffisamment stimulés à ce niveau par les médias, mais cela dépend de la façon dont on envisage la notion de « réussir sa vie » et de si elle est liée ou non au sentiment pour l’individu d’avoir un métier (épanouissant), chacun remplacera le mot entre parenthèses par celui qui lui convient et qui correspond à ses représentations de la réussite. Nous savons tous combien un emploi prend de temps dans notre vie quotidienne et a quel point il peut avoir des répercussions sur notre vie privée.

Si nous prenons la question sous l’angle du système d’apprentissage mis en place et développé par l’éducation nationale, ce qui devrait donc être le cas si l’on cherche à comprendre les limites du système et l’origine des problèmes réels, alors, ne soyons pas dupes, l’échec scolaire s’identifie et se mesure par les notes, les notes influencent le parcours scolaire, l’orientation, et ensuite, si le succès dans la vie se mesure par le type de formation suivie et de métier auquel l’individu a pu accéder, les deux sont invariablement liés.

Sans bonnes notes, le parcours scolaire est influencé ou bloqué, ce qui ne donne pas accès à des formations de haut niveau et l’individu se retrouve donc à faire des métiers qu’il n’a sûrement pas choisis et peu qualifiés, ce qui participerait a expliquer les statistiques présentées.

Au sein du système d’apprentissage et de notation mis en place par l’éducation nationale pour générer la réussite des élèves, l’échec scolaire et l’échec de sa vie sont directement liés. Conceptuellement et philosophiquement par contre, ces deux notions sont a priori décorrélées même s’il faudrait s’atteler à un approfondissement de leur définition hors de tout biais de représentation, au minimum.

Les causes et solutions à l’échec scolaire



Je distingue deux grands groupes de causes :

1.Les causes exogènes
2.Les causes endogènes

Je crée cette distinction afin de définir ce qui est intérieur ou extérieur à l’individu, ce que l’on peut changer et ce que l’on ne peut pas changer et je les ai simplement regroupées en ce sens.

Je ne peux pas proposer ici une solution pour tous les cas de figure, si votre cas n’est pas spécifié, cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de solution. En ce qui concerne les solutions possibles, elles dépendent directement du groupe auxquelles elles appartiennent. Des solutions assez rapides et faciles à mettre en place existent pour les causes endogènes, ce qui n’est pas le cas des causes exogènes qui demandent un accompagnement global et cumulé et qui peuvent parfaitement ne jamais être totalement solutionnées. En d’autres termes, il n’y a pas de solutions à certaines causes exogènes.

Nous avons donc le premier groupe regroupant les causes exogènes telles que les difficultés d’apprentissage ou d’adaptation aux formes d’apprentissages en tout genre (EIP, Dyslexie, etc.), les maladies, les déficits physiques (vue, ouïe), le déficit intellectuel, le niveau socio culturel, le type d’éducation de la famille, le système scolaire mis en place, etc. Elles doivent être prises en compte pour l’évaluation et bien évidemment pour l’aménagement des solutions et de la prise en charge. La cumulation de celles-ci n’en rendra l’intérêt d’un accompagnement à la recherche de solutions que plus compliqué voir illusoire. Il existe bien sûr des solutions aux causes exogènes, mais qui ne peuvent être généralisées et doivent être définies au cas par cas, je préfère donc ne pas me lancer dans des tentatives de solutions généralistes.

Pour tous les élèves qui ne présentent pas les problèmes ci-dessus, il s’agit alors de causes endogènes que l’on peut résoudre beaucoup plus rapidement et facilement.

Je ne peux pas proposer ici une solution pour tous les cas de figure, si votre cas n’est pas spécifié, cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de solution, vous pouvez me contacter y compris si vous n’arrivez pas à mettre en place les solutions proposées afin que je vous y aide.

Voici une liste non exhaustive des principales causes endogènes directes ou conséquentes de l’échec scolaire et de leurs solutions, bien sûr sans connaissance de la situation spécifique, il n’est pas possible de lister toutes les solutions possibles :

- Adolescence difficile

Bien souvent, il y a une antériorité qui n’arrange rien, des épreuves, des non-dits, des reproches (éventuellement inavoués), une difficulté à accepter ou comprendre certains comportements des parents, quels que soit les problèmes de communication, si la situation devient invivable tenter une vraie discussion et passer ensemble un contrat de vie commune peut aider, sinon la thérapie familiale peut être une solution.

- Absentéisme épisodique

Cela peut être l’effet de choses bien différentes, de l’addiction aux jeux vidéo qui fait que l’on joue toute la nuit et sèche la matinée du lendemain, à des facilités d’apprentissages qui laisse penser à l’élève que ce n’est pas nécessaire d’aller en cours, il peut y avoir un éventail énorme de raisons ne serait-ce qu’en fonction du stade du parcours (lycée, classe prépa, fac). Il faut approfondir pour définir si c’est la cause réelle de l’échec scolaire, cela dit il est communément accepté par les pédagogues que 50 % du travail d’apprentissage est réalisé lors de l’écoute active du cours. Y remédier par le dialogue et un contrat de confiance entre parent et enfant sans instaurer de système de récompense est souvent le plus judicieux.

- Redoublement mal accepté

Un redoublement peut être la source de bien des émotions, il est de plus en plus rare, mais malgré tout, parfois il est effectué sans véritable prise de conscience de l’élève des raisons et sans accompagnement pour l’aider à changer les comportements qui ont provoqué ce qui est vécu comme une sanction, parfois une régression. Proposer à l’élève quelques séances de discussions avec un spécialiste, coach ou psychologue afin de faire le point sur ses émotions, la situation et leur cause, peut permettre de favoriser l’acceptation et de mettre l’élève dans de bonnes dispositions.

- Deuil

Le deuil a toujours un impact sur les résultats scolaires, un suivi psychologique pour l’aider à surmonter cette épreuve me paraît être la première solution intelligente à envisager.

- Réalisation du décalage entre ce qui est enseigné et les applications dans la vie quotidienne/manque d’intérêt pour ce qu’on appelle la Culture générale. Une culture générale qui n’est pas actualisée.

Il est rare que les parents prennent le temps de faire ce que la majorité des professeurs ne font pas, expliquer l’importance d’apprendre telle ou telle chose. Pourquoi on est obligé d’apprendre en 2021, toutes ces dates de la guerre 14-18. Où est le sens ? Cela a également un lien avec la question de la culture générale de son usage et de son intérêt et de l’explication fournie. Aider l’élève à trouver du sens dans ce qu’il doit faire au quotidien à l’école dans toutes les matières devrait être fait dès le CP, cela permettrait de créer une structure à l’élaboration du sens pour générer l’investissement. Aidez-le également à s’interroger lui-même pour y placer du sens afin qu’il devienne autonome et puisse se créer un levier de motivation.

- Maltraitance des camarades/victime de harcèlement scolaire

La course effrénée vers toujours plus d’images violentes et choquantes, paraissant être le seul élément permettant aujourd’hui de capter et de garder l’attention du téléspectateur par l’intermédiaire des écrans pose de nombreux problèmes, car elle apparaît de plus en plus tôt dans la vie des enfants. C’est généralement le fait de parents peu disponibles, vigilants ou sensibilisés, souhaitant faire plaisir, trouver des solutions de confort ou encore par l’intermédiaire des grands frères et sœurs qui regardent certains programmes qui ne sont d’ailleurs pas de leur âge. Cela cumulé au fait que de nombreux enseignants et surveillants passent plus de temps à bavarder qu’a accompagner et éduquer, et vous vous retrouvez avec une violence en fonction des tranches d’âge qui s’est multiplié depuis quelques années avec de plus en plus de jeux idiots et dangereux dans les cours d’école. Un suivi psychologique, un changement d’établissement et un indispensable travail sur l’affirmation de soi avant ce changement d’établissement me semblent être les premières mesures à mettre en place.

- Manque d’éducation, d’apprentissage et de mise en œuvre au sein de la classe et de la famille de la pensée critique (« critical thinking »).

Bien sûr, il ne peut s’agir d’une cause unique d’échec scolaire, mais il me semblait important de le mentionner, car cela conditionne l’établissement des prémisses de la pensée et remise en question propre. Apprendre à se penser, à critiquer ses actes, ses pensées, ses valeurs, tout ce qui définit qui on est, ou, qui l’on veut devenir et pourquoi. L’autocritique est un formidable levier d’amélioration. Réfléchir et identifier soi-même, l’origine d’une mauvaise note, d’un échec, d’un manque de travail, d’un manque de motivation. Critiquer ce qu’on apprend, non pas pour se donner une excuse de ne rien faire, mais pour aller approfondir, comme en histoire ou beaucoup de choses ne sont pas réactualisées dans les livres. Mais les bases de cette éducation de pensée critique est difficilement mise en œuvre si au préalable une éducation à la reflexion n’est pas mise en place très tôt. Beaucoup de parents ne prennent pas le temps de leur expliquer certains concepts et valeurs des rapports à l’autre et à la société, leur origine et leur intérêt, les critiques et les limites de ces valeurs, mais également des conséquences en chaîne de certains de leurs comportements ou manque d’attention. Cela demande un certain niveau d’éducation des parents, bien sûr, et beaucoup de temps, car il est nécessaire de faire des apartés durant les discussions, parfois longs, de discuter avec l’enfant plutôt qu’avec les autres adultes de la maison. C’est, je pense, devenu de plus en plus essentiel compte tenu de l’évolution de notre environnement. Et lorsque l’adulte se sent un peu désarmé sur certains concepts, il peut aller chercher des informations et montrer à l’enfant que le parent aussi continue durant toute sa vie à apprendre et que cela est une démarche essentielle.


- Manque d’apprentissage de l’autonomie

Tous les parents devraient rendre leur enfant autonome le plus tôt possible. Et il n’est jamais trop tard. Autonomie ne veut pas dire désintéressement ou désamour. Lui brosser les dents, lui faire ses lacets, ses devoirs en CP, ou encore, faire le CV et lettre de motivation à la place de son enfant en Terminale n’est pas lui rendre service. L’autonomie dans le travail permet de se projeter et de comprendre les conséquences à long terme, de trouver des solutions, se fixer un objectif et s’y tenir. L’autonomie est à mettre en place immédiatement, même hors situation d’échec scolaire, avec un petit contrat moral, sans micromanager ou vérifier constamment, sinon le sens s’effondre.

- Manque d’objectif, de projection dans l’avenir



Le travail pour le travail ne suffit plus, l’élève ne sait pas pourquoi il travaille et quel sens cela a pour lui. L’orientation, cet objectif de vie qu’il faut définir pour bénéficier de la seule motivation saine qui pousse à travailler et à apprendre doit être choisie. Pour redonner du sens à son action, un coaching d’orientation avec un professionnel qualifié est aujourd’hui la solution qui me semble être la seule pertinente.

- Une orientation ou un parcours imposé par les parents

Lorsque vous définissez pour votre enfant son parcours de vie, cela a du sens pour vous, cela prend du sens pour lui, mais cela ne peut tenir qu’à court terme. L’individu doit trouver ce qui fait sens pour lui. C’est exactement pour cela que vous trouverez autant de livres de développement personnel sur ces questions. Personne ne peut trouver ce qui fait sens pour vous. Le concept de se « laisser le plus de portes ouvertes » est quelque chose que je critique dans mes ouvrages, car il fait plus de mal que de bien. Face au manque d’idée ou de réflexion de votre enfant, vous ne devez pas l’aider en réfléchissant à sa place, vous faites alors l’inverse de ce qui est bon pour lui. Vous devez lui donner envie et les moyens de réfléchir lui même pour faire ses choix en toute connaissance de cause et donc lui proposer une méthode qui l’aidera à identifier et questionner ses envies pour faire un choix intelligent. Bien sûr, je parle du coaching d’orientation…

- Système de récompense aux résultats mis en place par les parents

La motivation est artificiellement soutenue par les parents grâce à un système de récompense aux résultats, que ceux-ci soient distribués en continu ou par trimestre, voire à la fin de l’année. Cela ne fait que valider et renforcer le sentiment et les idées de l’élève construits autour du fait qu’il ne travaille pas pour lui, mais pour les parents ou pour avoir les récompenses promises. Un palliatif aux effets pervers qui n’aide personne. La solution est bien sûr d’arrêter ce type de motivation en expliquant l’erreur commise et en responsabilisant l’élève. S’attendre à une baisse des résultats momentanés ou à des tentatives de chantage y compris émotionnels. Après tout, pourquoi travailler pour soi lorsque l’on peut travailler pour avoir des cadeaux ?

- Manque de motivation profonde 


C’est bien sûr en lien avec le point précédent et tous ceux qui portent sur la motivation dont les effets visibles peuvent avoir différentes formes et se cumuler. Le fonctionnement du système scolaire créant la compétition entre élèves par les notes finit toujours par être conceptualisé par l’élève et dès lors elle ne motive plus. Ce leurre créé pour faire accepter le gavage des cerveaux ne fait plus illusion devant les failles, incohérences et injustices de ce système de notation, la perte de foie et de confiance dans le système ne permettant plus l’investissement de l’élève. Qui ne s’est jamais mis hors de lui d’incompréhension devant une note. Des recherches ont d’ailleurs prouvé le haut degré de subjectivité dans les notations des professeurs. Je vous laisse taper dans votre moteur de recherche préféré « recherche subjectivité notation professeurs » lorsque vous aurez une dizaine d’heures devant vous pour faire un petit tour de la question, cela sera d’ailleurs sûrement un jour le sujet d’un article. Alors, comment recréer une motivation saine ? Comme précédemment expliqué, le fait de définir un objectif précis et d’enfin travailler pour soi en toute autonomie suffit dans la majorité des cas les plus simples. (Par les plus simples, je veux dire qui ne cumulent pas trop d’éléments.)

- Difficultés relationnelles ou surinvestissement social



La sphère émotionnelle prend le pas sur tout le reste et bouscule la hiérarchie des priorités.
Les problématiques de relations sociales et les problèmes de cœurs monopolisent le temps et l’attention de l’élève au point qu’il n’est plus capable de penser à autre chose. Cela peut être amplifié par l’utilisation abusive des réseaux sociaux ou du « texting » et peut être passager ou s’établir un peu plus durablement. Une cure de désintoxication à base de suppression des moyens de communication par un contrat moral peut suffire dans bien des cas à la suite d’une discussion posée et objective. Sinon un suivi psychologique ponctuel peut être bénéfique. Quoi qu’il en soit, l’objectif sera de faire un travail sur la réalisation et la gestion des priorités au sein d’une vie d’étudiant équilibrée. Le coaching peut parfois suffire également, son efficacité pourra être mesurée en moins de 2 séances.

- Manque d’encouragements bienveillant des professeurs et des parents (effet Pygmalion)

Cette cause ne peut à elle seule expliquer un échec scolaire, mais il est important de souligner qu’elle peut y contribuer, car elle est rarement connue des parents et mise en œuvre de manière automatique dans les classes. L’effet Pygmalion désigne les effets d’attentes projetés et explicités à l’individu sur les résultats de l’élève. En d’autres termes, plus le parent et le professeur encouragent l’élève en lui montrant qu’ils sont sûrs qu’il va réussir et plus cela augmente la réussite. L’inverse est également vrai, répétez à un enfant tous les jours qu’il est nul et qu’il n’y arrivera pas pourra le dévaloriser, le démotiver et l’encourager à tenter de sauvegarder par ses résultats l’image que l’on se fait de lui. Ce phénomène est à associer au surplus de motivation et de performance que l’on peut constater lorsqu’un élève a des affinités avec l’un de ses professeurs qui l’inspire particulièrement. Encouragez vos enfants et dites-leur que vous savez qu’ils ont les moyens de réussir et qu’ils vont y arriver !

- Manque d’attention ou désintéressement des parents (peu d’intérêt pour ce que pense, vit ou fait l’enfant ou l’adolescent)

Certains parents pensent donner du temps et de l’écoute à leur enfant, mais en réalité celui-ci est très limité, des horaires de travail extensibles prenant le pas sur le temps personnel, cumulés à la gestion du foyer, expliquent en partie ce phénomène, mais ils n’ont simplement pas la tête à cela. Or ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité, et l’enfant le ressent. Parfois le parent s’intéresse peu aux devoirs, au travail effectué en classe, à la vie sociale de l’enfant et à ses résultats scolaires. Cela peut également être associé aux félicitations de principes, manquant de sincérité pour des résultats qui ne méritent que des encouragements à faire mieux. Tout cela est conceptualisé par l’enfant, au fil des années, il a le sentiment diffus d’être délaissé. S’il ne travaille pas pour lui et qu’il ne travaille pas pour ses parents alors pour quoi travailler. Bien sûr, cette cause ne peut à elle seule expliquer un échec scolaire. La solution, commencer à s’intéresser sincèrement.

- Manque de responsabilisation et micromanagement des devoirs par les parents

Le micromanagement dans les devoirs signifie le fait d’être constamment derrière l’enfant a le pousser, vérifier tous les soirs ce qu’il doit faire et ce qu’il a fait, y compris la qualité de sa production et surveiller l’avancée des travaux qu’il doit rendre. Bref, ne lui laisser aucune possibilité d’initiative et réduire son autonomie à néant sur la question du travail scolaire. Cela finit donc par prendre toute la place dans les relations familiales générant des conflits sans fin. Replacer l’autonomie et la responsabilisation dans le processus de gestion du travail scolaire de l’élève et lui faire confiance est impératif. Malheureusement cela passe aussi par l’expérience inévitable de l’échec. Souvenez-vous, l’individu apprend autant de ses échecs que de ses réussites. Les échecs sont indispensables.


Bien sûr les causes endogènes sont également cumulatives, y compris avec les causes exogènes, certaines sont liées, voire même redondantes.

Je vous encourage à approfondir de votre côté tous ces points si vous en ressentez le besoin, car cela serait trop long pour cet article de détailler tous ces éléments, puisque sur chacun de ces items, des livres ont été écrits.


Il existe beaucoup d’autres paramètres comme le temps quotidien passé devant la télévision depuis le CP, les fréquentations de l’élève, ses diverses activités, la formation, le professionnalisme ou la personnalité du/des professeur(s), les méthodes d’apprentissage, le manque de différenciation et j’en oublie beaucoup.

Il est important de retenir qu’une situation d’échec scolaire, même si elle s’avérait momentanée et pourrait se résoudre sans accompagnement, doit être évaluée dans sa globalité afin de proposer des solutions qui ont du sens.

Quelles solutions à l’échec scolaire peut apporter le coaching ?


Il ne s’agit que d’une introduction au service que je pourrai proposer pour les jeunes élèves et étudiants en échec scolaire et vous propose donc de consulter le menu du site pour plus d’information concernant ma formation, mon profil et mes compétences.
L’échec scolaire né de causes endogènes n’est nullement une fatalité et parfois il suffit d’un déclic, d’une prise de conscience, d’un peu de projection pour en sortir.


Le coaching, qui n’est autre finalement qu’une méthode de résolution de problèmes, faisant intervenir l’introspection, la réflexion, la remise en question et la recherche de solutions, peut permettre à votre enfant de changer, de définir un objectif et de l’atteindre.

Si les parents tentent d’être les premiers « coachs » de leurs enfants, ils n’ont pas toujours, malgré leur amour et toute leur bonne volonté, la distance, l’écoute et une compréhension complète de la situation, ainsi que la capacité à faire s’exprimer leur enfant, qui peut très bien retenir beaucoup d’informations pour ne pas créer d’histoires. L’échec scolaire signifie et reflète quelque chose de différent pour chaque individu et comme nous l’avons vu, les causes sont multiples, parfois délicates à discerner, chez des enfants ou adolescents qui, souvent, refusent le dialogue.

Le recours à une aide extérieure peut s’avérer précieux pour mieux appréhender la nature réelle des difficultés (désintérêt, stress, mauvaise gestion du temps, comportements à risque, fréquentations…). Il faut une approche très personnalisée, adaptée à chaque cas et celle de type psychologique n’est pas toujours la plus pertinente et la mieux acceptée. De plus, elle ne travaille pas sur le même niveau que le coaching qui s’attache à travailler sur des éléments concrets en favorisant le questionnement et la recherche et la mise en pratique de solutions.
Le coach n’est pas là pour apprendre aux jeunes à « faire leurs devoirs ». Toute son intervention a pour objectif de comprendre les blocages, de faire prendre conscience au jeune de leurs existences et de leurs impacts sur sa vie et sur son comportement scolaire, puis de l’accompagner pour qu’il ait une réelle appréciation de la situation, de ses capacités et des enjeux, afin que son comportement évolue et qu’il aborde à nouveau ses études dans une perspective positive.


Aller voir un « psy » est une image qui provoque souvent des réticences chez les jeunes, ce qui est moins le cas des coachs. Surtout quand ils ont conscience qu’ils sont dans un cadre de travail et de dialogue pour trouver des solutions concrètes à leur problème et non pas pour évoquer les causes potentielles de ces problèmes indéfiniment.


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La différence entre influence et manipulation et les raisons de ces comportements

Je suis souvent étonné de la façon dont ces termes sont employés, que ce soit au sein d’articles de bloggeurs ou vlogeurs plus ou moins qualitatifs que dans la littérature et les recherches en psychologie sociale ainsi qu’en psychologie clinique notamment celle très à la mode sur le narcissisme, qu’il s’agisse de la question de la personnalité narcissique ou du trouble de la perversion narcissique.

Cette incompréhension dans l’emploi de ces termes m’a conduit à m’interroger.

Bien sûr, il existe une différence étymologique entre les deux termes, mais ce n’est pas le sujet ici.

Il faut selon moi s’attacher avant tout au sens de ces mots, puisqu’ils sont utilisés en tant que qualificatif d’une action.

Pour le Larousse, l’influence est le fait d’une « Action, généralement continue, qu’exerce quelque chose sur quelque chose ou sur quelqu’un » et la manipulation serait l’« Action d’orienter la conduite de quelqu’un, d’un groupe dans le sens qu’on désire et sans qu’ils s’en rendent compte ».

Cela sous-tendrait que la différence fondamentale entre l’influence et la manipulation résiderait dans le fait que la victime s’en rende compte.

Le contexte semblerait donc également jouer un rôle pour pouvoir identifier influence ou manipulation de par les exemples proposés : un exemple de manipulation politique dans un cas, et celui de la télévision qui influence les jeunes dans un autre.

Des concepts qui s’entremêlent d’ailleurs dans le recueil d’expressions utilisant le terme influence, nous trouvons ; « … soumis à une manipulation d’ordre idéologique, psychologique. ». De plus, l’usage du terme « idéologie » renvoie également à la politique, qui est dans l’inconscient collectif indubitablement corrélée à la manipulation.

Dans le cas du Larousse, la frontière supposée entre le sens des deux termes devient ténue, si tant est qu’elle existe encore.

Il est bon de signaler que le Petit Robert ne fait pas cette distinction.

Je considère que cette distinction est totalement dénuée de logique puisqu’il existe bon nombre de situations où l’on influence l’autre sans qu’il s’en rende compte.

Que penser de l’influence des sons et des sensations ressenties lorsque le fœtus est dans le ventre de sa mère et qui participe à l’élaboration de sa construction ?

Que penser d’une maîtresse de CP qui pour s’assurer de la motivation et de l’investissement de ses élèves introduit un système de bons points pour chaque bonne réponse ou bon comportement, débutant ainsi la construction de l’échafaudage et du conditionnement par la préparation de la mise en place future du système de notation des productions scolaires afin de soutenir la compétition, ce qui deviendra le moteur bien pauvre et sûrement jamais questionné, de la motivation des élèves pendant tout leur parcours d’étudiant.

Nous sommes bien ici dans des cas où la victime ne s’en rend pas compte et n’en a pas conscience. S’agirait-il alors de manipulation ?

Compte tenu des exemples vous devriez être choqué de l’emploi du terme manipulation pour qualifier l’action de la source.

La dimension de la volonté de la source n’est pas abordée alors que dans une certaine mesure cela a de l’importance. Cela dit, la source peut vouloir influencer ou manipuler consciemment une victime, ce ne peut donc être un critère de distinction.

Il paraît difficile de faire tenir la distinction entre ces deux termes sur cette seule notion de conscience, mais, si l’on est choqué à l’idée d’utiliser le terme de manipulation dans ces exemples, nous avons peut-être mis le doigt sur le problème.

La différence ne résiderait-elle pas simplement au niveau de la représentation et de la projection subjective et suggestive du mot plutôt qu’au niveau du sens ?

L’influence ayant une image de légèreté, presque parfois une composante d’« ignorabilité », lorsque la manipulation a ce « je ne sais quoi » d’intolérable.

Et c’est peut-être ici que la question de l’étymologie des deux mots pourrait être intéressante pour comprendre ce qui dans notre histoire a fait passer le mot « manipulation » du côté obscur. Après tout, on peut rapidement trouver un exemple puisque c’est celui qui a servi à caractériser les effets de la propagande nazie sur le peuple allemand, par exemple.

Il s’agit bien dans les deux cas d’une action sur quelqu’un ayant pour finalité de s’assurer que quelque chose se développe d’une certaine manière, de générer quelque chose ou un changement et principalement (voir uniquement) un comportement, même si cela passe par différentes phases en amont, tel qu’un changement d’idée.

Je m’explique : lorsque l’on souhaite provoquer un comportement, les publicitaires ou les penseurs du marketing de masse tentent généralement d’agir sur les pensées ou les opinions et c’est d’ailleurs pour cela que l’on parle d’opinion publique, une donnée importante pour les politiques. L’histoire nous a démontré une certaine efficacité de ces procédés. Pourtant, et c’est amusant de le souligner, de récentes recherches en psychologie sociale montrent que ce n’est pas la méthode la plus efficace, celle qui provoquera le changement chez le plus grand nombre de personnes. Pour faire changer les comportements, il semblerait qu’il faille plutôt « montrer l’exemple », mettre en scène ce que d’autres font déjà ou pensent déjà. Lorsque cela est possible, créer une compétition marcherait très bien également. Le comportement que nous cherchons à générer par le mimétisme, la volonté de ne pas être le dernier, où la volonté d’appartenir au groupe fera le reste, pour ne nommer que trois processus.

Un exemple intéressant : un hôpital avait du mal à faire en sorte que ses infirmiers et infirmières se lavent les mains en rentrant et en sortant de chaque chambre. Ils ont donc mis en place des compteurs un peu partout, comptant le nombre de fois que chacun se lavait les mains en créant et affichant des classements. La fréquence de lavage des mains a alors explosé, pour le bien de tous les patients.

Le seul fait de donner une information, que ce soit « lavez-vous les mains à chaque fois pour ne pas propager les maladies dans l’hôpital » ou du type « il faut recycler, car c’est mieux pour l’environnement, la planète que nous laisserons à nos enfants » ne suffit pas à générer chez un grand nombre de personnes des comportements ou à les modifier. Par contre, il aurait été démontré (je n’ai pas la source de l’étude) qu’il suffirait d’afficher comme encart publicitaire un médaillé olympique en train de trier ses déchets pour que l’engouement pour le « tri sélectif » augmente massivement, alors que la seule information (énoncée plus haut) aurait un impact très faible.

Si l’on tente de faire changer d’opinion quelqu’un, ce n’est pas simplement pour la beauté du geste ou un altruisme dévorant dans le meilleur des cas, nous y avons généralement un intérêt, qui dépasse bien entendu le cadre de la politique et s’exprime au quotidien dans nos vies.

C’est bien cet intérêt, le moteur qui pousse, naturellement ou pas, instinctivement ou pas, consciemment ou pas, à influencer autrui, quelle que soit la nature de l’intention sous-jacente.

Il peut s’agir d’un besoin de contrôler son environnement, de plier l’autre à ses règles issues de notre éducation, se sentir écouté, de se rassurer ou encore de convaincre pour se prouver que l’on a raison et cela peut aller jusqu’à générer un changement de comportement banal ou important : que l’autre finisse par penser comme nous sur un certain sujet ou qu’il arrête de laisser traîner quelque chose, qu’il nous prouve une attention ou un certain respect attendu, ou encore qu’il corresponde mieux à l’image que l’on veut se faire de lui ou que l’on projette sur lui. Les motivations peuvent être nombreuses tout comme les changements de comportements attendus variés.

L’individu use alors de techniques différentes et certains sont plus ou moins doués, mais là n’est pas la question.

Ces exemples ne concernent bien évidemment que la vie quotidienne, cependant, quel que soit le contexte, le rapport est le même, l’individu tente d’influencer ou de manipuler quelqu’un pour se satisfaire.

D’ailleurs, dans la sphère privée comme publique, lorsque cette tentative échoue, cela peut provoquer des conflits.

Ces conflits sont un indicateur qui démontre qu’il s’agit d’une action intéressée, car nous ne rentrons pas en conflit pour des choses qui ne nous touchent pas, qui n’ont pas d’enjeu ou qui n’ont pas d’importance pour nous.

Si l’on part du principe que le processus d’influence ou de manipulation ait la même origine liée à la satisfaction d’un individu ou d’un groupe, la même action et un type de finalité similaire, alors les deux mots désignent bien la même chose.

La seule différence entre les mots « influence » et « manipulation » n’existe alors que dans l’inconscient collectif, lui-même influencé par l’histoire, et la connotation des référentiels des types de comportements inacceptables auquel le mot « manipulation » peut être associé semblant créer une différence de gravité du processus. Comme si s’opérait une fusion entre les actes que le processus a cherché à promouvoir et le processus lui-même. Pourtant, le type d’effets que ces deux mots servent à décrire est bien identique et ne peut de toute façon pas s’étalonner ou se différencier sur la notion de gravité des effets qui est parfaitement subjective et souvent impossible à déterminer avec exactitude.

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Être à l’aise avec son Coach n’est pas si important !

Tous les coachs ou praticiens thérapeutes subissent durant l’année les aléas de la vie de leurs clients et ces désistements qui ont parfois pour motif un inconfort, quel que soit le terme utilisé. Dans le cadre du coaching, c’est beaucoup moins important selon moi, que le discours général calqué sur les principes de la relation d’aide en thérapie, comme on l’enseigne à tous les apprentis coachs dans les écoles de formation, le laisse penser et qui consiste à indiquer que c’est primordial, qui font logiquement émerger ensuite les discours laissant entendre qu’il ne faut pas prendre des accompagnements lorsque l’on ne se « sent » pas en capacité de le faire vis-à-vis de ses propres zones d’ombres, etc. Ce qui sous-tend quand même que le coach connaîtrait ses zones d’ombres qu’il aura explorées en thérapie préalablement, ce qui n’est très généralement pas le cas. Cela peut s’expliquer aussi simplement par la diversité des profils qui s’inscrivent aux formations de coaching sans connaissance préalable en psychologie ou relation d’aide. Il est question de faire conceptualiser à ce public la particularité commerciale qui unit un praticien à son client qui est bien différent de celle que pourrait avoir avec son client un vendeur Fnac.
Il est donc question ici de discuter le principe que j’ai moi-même d’ailleurs mis en avant dès le début dans les textes d’introduction présents sur mon site, sans explication très fouillée, visant à expliquer que c’était important d’avoir un bon « feeling » avec son coach. Je décide pour cet article de m’attacher à n’approfondir que le nécessaire sans être inutilement exhaustif.

Définition du concept d’« avoir un bon feeling » ou bien encore d’« être à l’aise »



Lorsque l’on parle d’être à l’aise avec son coach ou son thérapeute, il s’agit avant tout d’une tournure qui signifie que l’on se sent bien en étant dans la même pièce ou dans sa relation à l’autre. « Avoir un bon feeling » est une notion particulièrement floue, mais également subjective. Cela signifie aussi qu’une alliance (la création de lien entre deux personnes) s’est créée avec l’autre basée à la fois sur des éléments concrets et sur vos perceptions. Je considère que cette alliance est la première phase pouvant permettre de sortir de la confiance accordée a priori pour que cette confiance puisse ensuite se développer. La confiance étant l’enjeu de cette interaction sans quoi l’accompagnement pourrait être compliqué. En effet, vous aurez du mal à réfléchir ou vous ouvrir si vous ne faites pas confiance à l’autre. Et la confiance ne naît pas de fait, elle s’établit à un certain niveau d’emblée et croit ou diminue en fonction de la relation à l’autre, c’est aussi pour cela que l’on dit en langage populaire que la confiance se gagne ou se perd.

On ne peut donc pas définir clairement pour tout un chacun dans un but de normation une valeur étalon et une représentation unique de ce qu’est « avoir un bon feeling ».

Mais alors quels sont les éléments concrets et subjectifs qui nous permettent de déterminer d’une manière émotive et raisonnée que nous nous sentons à l’aise ou pas avec l’autre ?

Sur quoi se base notamment la perception d’être à l’aise avec l’autre ?



Ceci est directement lié à l’image que l’autre renvoie et la perception que l’on s’en fait. Je considère qu’au début de la relation cette alliance ne peut s’établir sans au moins ces deux paramètres, la confiance qui est primordiale et l’évaluation de la personnalité. Bien sûr la perception du sentiment d’être à l’aise avec l’autre s’établit par la prise en compte par le cerveau de biens d’autres éléments conscients et inconscients, de biais cognitifs, d’éléments du contexte et même de l’environnement, mais pour simplifier les choses dans le cadre d’un coaching ou le client participe à sa première séance avec le coach qu’il a choisi, je me concentrerai sur ces deux éléments primordiaux selon moi.

La confiance

Bien sûr, nous nous faisons tous une impression de quelqu’un et celle-ci influence directement l’établissement de la relation. Le coaching étant une relation ou le client doit avoir un minimum confiance envers les compétences du coach pour l’aider, sans avoir confiance dans le professionnalisme ou l’approche du coach, cela paraît compliqué de mener le travail.
Quelqu’un peut avoir un bon feeling parce qu’il considère le coach comme compétent pour tout un ensemble de raison issue de l’évaluation de son profil, de ses textes, la pertinence de ses explications, l’adhésion à ses théories éventuelles ou ce qu’il présente comme étant au centre de ses préoccupations dans l’accompagnement qu’il propose et de la discussion préalable qu’il a pu avoir avec lui, ce qui créera l’union de par le sentiment d’adhésion idéologique généré alors qu’un autre qui n’aura peut-être pas fait ce type d’évaluation sera plus sensible durant la première séance de travail au ton de la voix, aux mimiques du visage, à la nature du discours, à la conduite de l’entretien, au type ou la difficulté ressentie face au questionnement propose, aux exercices définis, au degré de soutien perçu, au degré ou au type d’aide reçue par rapport à ses attentes initiales et beaucoup d’autres paramètres mêlés a ces éléments qui sont liés à la personnalité perçue, comme nous allons le voir.

La personnalité

Notion subjective compte tenu du vécu de chacun et de nos représentations, nous sommes naturellement plus à l’écoute de certains traits ou éléments extérieurs qui vont nous permettre de nous faire une idée de l’autre :

  • Sa présentation
  • Sa tenue
  • Son vocabulaire
  • Sa gestuelle
  • Sa posture
  • La tournure de ses phrases
  • Le ton qu’il emploie
  • Le niveau de nonchalance ou désinvolture
  • Le niveau sonore de sa parole
  • La façon don’t il tente de s’imposer à l’autre
  • L’impression qui naît de sa communication non verbale
  • Etc.

De par la nature de nos expériences, certains auront des difficultés à créer l’alliance avec quelqu’un qui parle fort, quand d’autres seront plutôt déstabilisés par une certaine nonchalance. Pour ma part, je suis sensible au débit de parole et au ton artificiellement calme, je prends cela comme une tentative de séduction qui me met sur la défensive immédiatement. Je suis particulièrement sensible au naturel, je dois percevoir l’autre comme « vrai ».
Tout cela est bien subjectif donc.

Manipulation des représentations du client



Les apparences sont parfois trompeuses pour vous donner l’illusion d’une alliance, de la bienveillance et de l’empathie.

Je me souviens de jeunes coachs qui durant des exercices en formation, pour favoriser l’alliance, comme je l’ai introduit ci-dessus, adoptaient un ton serein, un rythme anormalement lent de parole et des accents mielleux pour paraître apaisant, à l’écoute et empathique. Ces exercices ne faisaient pas partie intégrante de l’enseignement, mais beaucoup de participants s’y adonnaient pour renvoyer une certaine image de compétence et de sensibilité à la pratique du coaching. J’ai toujours trouvé cela particulièrement ridicule et considère également qu’il s’agit d’une technique d’influence. Une technique d’influence dirigée vers le formateur pour lui montrer qu’on est légitime dans le rôle du coach, et plus tard envers son client pour renvoyer une certaine image.
Dans notre monde, quelqu’un de zen, en position de savoir, qui nous parle calmement, séduira certainement beaucoup de gens et créera artificiellement l’impression chez l’autre d’être à l’aise. Il y en a beaucoup d’exemples dans le monde du développement personnel. Si vous avez lu mes articles sur l’influence ou certains ouvrages sur le sujet, souvenez-vous que l’emballage de la parole (le ton, la formulation, la répétition, etc.) a souvent un impact plus important que la parole elle-même, ce qui permet de faire passer un concept idiot, sans fondements et sans aucune argumentation comme vrai et remporter l’adhésion.

Il est possible de vous influencer de biens des manières pour que vous ayez l’impression d’être en « communion » avec l’autre, qu’il vous comprend, qu’il vous calme, et parfois aussi qu’il vous apporte quelque chose de plus que ce que vous étiez venu chercher et sans pour autant que cela signifie que vous êtes, selon vos propres critères, réellement à l’aise avec cette personne.

D’ailleurs vous ne vous êtes jamais demandé sur quoi vous jugiez de cela, ce n’est qu’une perception et un sentiment diffus sur lequel vous ne vous êtes jamais vraiment interrogé et auquel vous faites naturellement confiance. Il est donc particulièrement facile de jouer sur vos perceptions contrairement a quelque chose qui s’appuierait sur des observables tangibles, des faits. On est dans le « il est “comme ci” ou “comme ça”… », vous-même souvenez-vous à quel point vous êtes capable d’être dans un registre similaire, en affichant un self de façade, une personnalité de représentation que vous endossez au gré des gens ou des groupes que vous rencontrez et comment face à des gens que vous n’appréciez pas, vous savez très bien faire illusion.

Chercher avant tout à avoir un bon feeling avec son coach peut être une source de problème.



Selon de nombreuses études en psychologie sociale sur les techniques d’influence (je vous invite à faire des recherches annexes), l’individu a tendance à faire plus confiance à quelqu’un de proche de lui. Ce sentiment de proximité peut être influencé par certaines techniques comme je l’ai abordé très brièvement ci-dessus.
Un petit exemple : le seul fait de toucher un instant le bras de quelqu’un d’autre en lui parlant augmente la confiance de celui-ci envers vous ! En effet, les études montrent qu’ils seront plus enclins à répondre positivement à votre demande, certainement parcequ’il se sentent plus proches de vous et se comportent comme si cela pourrait nuire à la relation de vous dire « non ». Car après tout, il est clair que l’on dit plus facilement non à un parfait inconnu qu’a un voisin, même si on ne le croise pas souvent, quelles qu’en soient les raisons qui ne nous intéressent pas, nous discutons seulement içi du phénomène. Il y en a beaucoup d’autres de ce type que je vous invite à explorer dans la littérature sur le sujet de l’influence.

Sur la durée du coaching, c’est l’effet boule de neige, c’est-à-dire que plus vous vous sentez à l’aise et plus vous vous sentez proche du coach, plus vous lui ferez confiance. Vous serez donc ensuite plus sujet à baisser la garde et a vous faire influencer si le coach n’est pas vigilant au niveau de son accompagnement ou sensibilisé aux problématiques d’influence ou conscient et vigilant vis-à-vis de sa position de toute-puissance, notamment. Il s’agit ici, comme si l’on pouvait cloisonner les deux aspects du développement de la confiance évoqués, même s’il en existe d’autres, de la composante émotive de la confiance et non de la composante basée sur l’évaluation du profil et des idées.

On en revient à l’importance de définir en amont et a priori le niveau de confiance qu’on a vis-à-vis du coach en se basant sur ses écrits, ses idées et l’explication ou les justifications qu’il propose des méthodes qu’il utilise afin de s’assurer de ne pas être entièrement l’esclave de ses émotions qui peuvent êtres manipulées.

 

Conclusion : autonomie et investissement du coach



En coaching, de par la durée et la nature des échanges, je pense qu’il est surtout important de se sentir en confiance, une confiance qui soit basée sur des faits et non uniquement des impressions. Il n’est pas vraiment question d’être à la recherche d’une symbiose ou d’un transfert pour que le processus fonctionne.

Le moteur principal du succès d’un coaching est pour moi avant tout la confiance et la qualité et la personnalisation de l’accompagnement et non l’alliance.
Il est primordial de sentir l’investissement réel du coach, la prise en compte de ce que vous amenez, naturellement, et que le coach n’est pas simplement en train de dérouler son accompagnement comme d’habitude. Si vous ne sentez pas de personnalisation, que ce que vous dites n’amène pas à un approfondissement spécifique et que finalement, si c’était quelqu’un d’autre à votre place, cela se passerait exactement de la même manière, alors il y a un problème.

En coaching, plus encore qu’en psychologie, puisqu’il s’agit d’une profession non réglementée ou votre voisine, boulangère de profession, peut se titulariser coach de vie, sans aucune formation, il est indispensable, je le répète, d’avoir préalablement confiance en son coach en évaluant son profil, sa formation et ses idées.

Il y a aussi l’argument de l’autonomie qui devrait être d’ailleurs le souci de tous les coachs professionnels. Dans le cadre d’un coaching, vous n’êtes pas dans un accompagnement au long cours durant lequel vous vous reposez sur le coach, celui-ci ne devrait pas durer plus de quelques mois et si cela dure, c’est soit que vous êtes accompagné pour une problématique très spécifique nécessitant un accompagnement long, soit que le coach qui vous accompagne est moins intéressé par votre autonomie que par sa rente quotidienne.

Dans le cadre de cette autonomie, la question de l’alliance devrait passer au second plan. En effet, on est toujours plus autonome lorsque l’on ne s’attache pas à l’autre.

Par conséquent, comme le coaching est dans son essence, censé être une action courte et autonomisante, je considère qu’il n’est pas forcément judicieux de fonder ses critères de sélection sur le lien et qu’il vaut mieux se concentrer sur l’objectif et l’analyse des meilleurs moyens pour l’atteindre, bref, de ce qui est concrètement proposé comme méthode par le coach.

Rappelez-vous qu’un coaching doit être avant tout basé sur vos ressources propres. Ce ne devrait pas être le coach qui réfléchit, fait tout le travail et vous donne des solutions à appliquer, cela va également à l’encontre de l’autonomie recherchée.

Vous devez avoir le sentiment d’être celui qui répond à des questions neutres et que les solutions proposées si elles n’émanent pas toujours directement de vous, vous semblent correspondre logiquement à la discussion, aux éléments abordés et à la réflexion.

Je suis convaincu qu’être à l’aise avec son coach au sens où on l’entend généralement en relation d’aide n’a pas l’importance capitale qu’on lui suppose et peux même aller à l’encontre de l’intérêt du client notamment si cette alliance est manipulée et si cela altère le maintien de son autonomie.

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Comment savoir si une influence est bonne ou mauvaise ?

L’influence serait bonne ou mauvaise, positive ou négative ? Une notion qui relève plus de la conception commune que d’une réalité scientifique, même si la psychologie sociale s’y est intéressée.

Il n’est pas nécessaire de se questionner pour savoir s’il est juste de considérer qu’il puisse y avoir des influences négatives lorsque l’on fait référence aux traumatismes, à l’aliénation ou à l’endoctrinement pour ne citer que certaines de ses formes les plus parlantes. Tout l’enjeu de cet article est d’entrevoir en toute humilité si l’on pourrait par l’argumentation arriver à définir si l’influence peut être bénéfique de façon générale, en fonction du contexte, en toute honnêteté et vigilance intellectuelle.

Plus simplement, peut-on parler de bonne influence ? Existe-t-il une bonne influence ? Si une bonne influence existe, dans quelle mesure est-elle identifiable et qu’est-ce qui permet de définir qu’elle est bonne de manière universelle et indubitable dans la totalité de ses effets ?

Pourra-t-on seulement, a priori, répondre à toutes ces questions ? Essayons.

La question de savoir s’il y a des influences moins néfastes que d’autres dans leurs effets, n’en est pas une, c’est tout à fait clair. Que cela soit dans un contexte similaire ou pas.

Il suffit de prendre d’une part le cas du conseil d’un ami dans un contexte similaire de l’achat d’une voiture et d’autre part, le cas de deux sujets ayant des contextes différents.

Le contexte de l’achat d’une voiture, où vous en parlez à un ami, en partant du principe que vous seriez susceptible de suivre le conseil donné et donc d’être influencé :

Vous avez deux enfants de 12 et 14 ans, la voiture de votre conjoint ou conjointe est une citadine, vos activités de plein air en famille sont le surf et le VTT et la distance moyenne que vous parcourez annuellement est de 20 000 km, principalement nationales et autoroutes.

Un premier ami pourrait prendre en compte votre situation et vous conseiller un break familial.

Un autre ami, pourrait-vous conseiller pour un budget similaire, en prenant en compte son propre désir ou la représentation qu’il se fait d’une bonne voiture, comme cela arrive si souvent, de vous orienter vers un modèle plus sportif, tel un coupé sport.

Si nous analysons les effets de ces conseils d’un point de vue purement pratique, car il est possible de l’analyser sous bien des angles, alors, si nous supposons que les trajets de vacances et les activités de plein air seront plus compliqués nous pouvons conclure simplement ici qu’il y a une influence qui pourrait poser plus de problèmes que l’autre, a priori : le conseil lui proposant un coupé sport.

Il est possible dans cette situation de prendre un autre point de vue, celui du « plaisir de conduite », ce qui est fort subjectif mais l’idée içi est de rester en surface sur la question des représentations, alors dans ce cas le conseil le plus néfaste serait inverse au précédent : le conseil lui proposant le break familial.

Vous pourrez objecter que dans cet exemple, beaucoup d’éléments du contexte et des critères de choix ont été mis de côté pour juger de la nature de l’influence et vous aurez parfaitement raison.

Nous pouvons aussi conclure autre chose : pour tenter d’évaluer les effets de l’influence il faut faire énormément de postulats ce qui rend toute conclusion naturellement hautement conditionnelle.

Dans le cas de deux sujets ayant des contextes différents maintenant, reprenons des cas tout simples du quotidien :

Un ami va vous conseiller sur la marque et le modèle du téléviseur que vous devriez acheter, car il est censé mieux s’y connaître.

Un autre ami vous conseillera sur le choix d’un psychologue pour trouver des solutions à vos problèmes de couple, car il en a entendu du bien.

Veuillez noter que je place les influenceurs en position de sujets supposés savoir (statut d’autorité), ce qui leur donne un pouvoir d’influence supérieur, cela a été démontré par la psychologie sociale. C’est ce qu’on appelle l’« autorité de la source » pour ceux qui voudraient faire des recherches annexes.

Le conseil potentiellement le plus néfaste dans ses effets sera bien sûr celui du psychologue, car après tout si vous choisissez le mauvais téléviseur, vous serez certainement agacé par quelques bricoles, mais l’impact profond sur votre vie sera moindre que si vous choisissez de mettre votre vie de couple entre les mains d’un psychologue peu compétent.

Je le répète on est bien ici dans l’évaluation de la potentialité du sérieux des problèmes pouvant survenir en suivant l’un ou l’autre de ces conseils.

Nous venons de le voir, il est clair qu’il existe des influences moins néfastes que d’autres. Mais existe-t-il une bonne influence et peut-on définir de quoi il s’agirait ?

Le problème n’est pas si simple, car comment définir qu’une influence est bonne, quelles sont ses caractéristiques et aux yeux de qui l’est-elle ?

Comme je l’introduisais dans un autre article, si l’on prend le problème du point de vue social, la pensée commune pourrait considérer qu’une « bonne » influence serait celle d’un ami qui va tirer un étudiant vers le civisme ou la connaissance, plutôt que vers la délinquance ou l’ignorance.

A première vue, on s’accorde facilement à considérer cet exemple comme une bonne influence, car l’on part du principe qu’elle n’a en apparence aucun mauvais côté.

Évidemment, cela va dépendre des valeurs et représentations de chacun, mais il n’y a aucune échelle de notation ou de valeur de l’influence ni aucun outil permettant d’évaluer ou quantifier la nature de son impact. La psychologie sociale construit des expériences, certes, mais celles-ci se basent sur des sujets précis et sur la perception des individus.

C’est donc dans l’approfondissement du niveau de détail de ses effets potentiels que l’on va pouvoir s’en faire une représentation plus précise, encore qu’elle soit dépendante des représentations de chacun ce dont on va tenter de faire abstraction. D’un point de vue général bien sûr. Bref, je vais tenter de simplifier sans fausser le raisonnement. À vous de considérer si je réussis.

Explorons la question du civisme et de la connaissance pour évaluer, a priori, si tirer un enfant vers elles pourrait être considéré comme une « bonne » influence :

Je vais donc tenter d’utiliser un exemple qui montrer le contraire.

N’y a-t-il pas  des êtres possédants de grandes connaissances et ayant reçu une éducation civique de qualité transmise par l’école et la famille qui ont fini par inventer et développer des armes de destructions massives comme la bombe atomique ?

N’y en a-t-il pas d’autres qui ont décidé de les utiliser ?

Je pense que l’on peut partir du principe que des hauts gradés militaires ou un chef d’État, ont reçus une éducation civique et ont indubitablement une formation de haut niveau et les connaissances nécessaires à l’atteinte de ces fonctions ou il y a très peu d’élus.

Nous pouvons aussi projeter sur ces individus des valeurs, un grand sens moral et tout ce que nous imaginons qu’ils devraient posséder.

Je cherche ici simplement à appuyer mon propos et il ne faut pas non plus faire l’amalgame entre la connaissance et le civisme et l’intelligence et l’humanité.

Du coup, j’en déduis bien ici qu’il est important d’avoir une connaissance précise du sens des mots et qu’il faut faire une différence entre la perception de quelque chose d’un point de vue général et la réalité d’une situation spécifique potentielle ou effective.

En d’autres termes, ce qui en apparence, civisme et connaissances, peut-être un peu rapidement considérées comme une bonne influence, peut s’avérer plus tard, dans les faits, avoir été plus néfaste que le fait d’être devenu un petit délinquant local ou même un meurtrier. Surtout si l’on se réfère au concept si souvent traité dans les films américains du « greater good », pouvant tout justifier (le bien collectif, le souci de ce qui est bénéfique au plus grand nombre). En l’occurrence, je le précise, car c’est bien de militaires et d’un chef d’état américain dont nous parlons ici dans notre exemple. Mais j'aurais pu choisir d'autres exemples dans l'histoire de n'importe quel autre pays du monde. Pour aller plus loin, c’est encore le cas, même si l’on compare un meurtrier en série face aux effets d’une bombe atomique lâchée sur une ville ! Et je ne soutiens aucune argumentation visant à expliquer que ce qui se passe en temps de guerre est justifié par le contexte, ce serait comme tenter de justifier les exactions de l’église au temps où elle cherchait par tout moyen à imposer le dieu unique d’une façon qui allait à l’encontre de son action et des croyances et des valeurs qu’elle cherchait à promouvoir. Il y a dans ces deux exemples une justification de l’action profondément insoutenable et insensée.

En conclusion, je considère que pour définir en partie si une influence est bonne ou mauvaise, cela ne peut se faire a priori, mais bien uniquement en appréciant à la fois le contexte et la finalité. La finalité étant ici le moment où il sera possible par l’individu de considérer dans les faits que son action, née de cette influence initiale, en pouvant l’isoler dans le continuum de sa vie, est bénéfique ou néfaste pour lui-même ou pour les autres de façon indubitable. Dans une situation idéale ou l’individu n’ait pas une représentation biaisée de la réalité.

Nous pouvons prendre un autre exemple lié à l’orientation. Il faut quand même à un moment donné que je replace le débat dans le contexte de ma spécialité. Un professeur principal conseille une voie à un élève qui la choisit et y trouve un métier dans lequel il prend plaisir toute sa vie, sans remise en question ou période de doute. Cet individu pense profondément qu’il est épanoui et qu’il a eu la meilleure vie professionnelle possible. Quand bien même il n’a pas conscience que compte tenu de sa personnalité, ses priorités, ses valeurs et ce qui a du sens pour lui il aurait pu être éventuellement encore plus épanoui dans un autre métier, cela n’a pas d’incidence sur lui, puisqu’il ne base son ressenti et sa perception de son existence que par rapport à ce qu’il connaît.

Par conséquent, nous en revenons au concept simplissime qui part du principe que ce que vous ne savez pas ne vous fait pas de mal (What you don’t know won’t hurt you).

Il en va de même, s’il se voile la face et qu’il croit pertinemment être heureux dans son travail sans l’être, ne voyant pas tous les signes extérieurs qui pourraient l’amener à remettre en question ses représentations et ses ressentis. Que les représentations de l’individu soient fondées ou non et s’approchent le plus possible de la réalité telle qu’elle est et non telle qu’elle est perçue ne change pas son sentiment d’avoir choisi le bon travail et d’être heureux. Dans ce contexte, les mots représentation, sentiment, perception sont interchangeables.

Je parle ici d’une réalité « stricte » et idéale, la réalité de fait, par exemple que le ciel est bleu ou que les sapins sont verts. Je ne parle donc pas du concept de réalité du point de vue de la psychologie et de la psychologie sociale plus particulièrement ou celle-ci est considérée comme une représentation de l’individu, impliquant dès lors, pour simplifier, qu’il y a plusieurs réalités.

Nous pouvons créer le lien ici avec les employés victimes de max out dans le sens ou ceux-ci, n’ont pas conscience du peu de sens de leur travail, ont une perception de la réalité déformée en se considérant heureux et épanouis et ou leur sentiment d’épanouissement n’est qu’un processus de défense psychique. Je ne vous en propose ici qu’une description très sommaire et je vous renvoie à mon article dédié sur ce syndrome pour une description plus complète.

Pour en revenir à l’étudiant influencé dans son choix d’orientation, je considère donc pouvoir conclure, que pour lui, in fine, l’influence de son professeur principal était une bonne influence, puisque c’est la représentation qu’il en a. Pour d’autres, avec plus d’éléments concernant sa personnalité et un schéma de vie hypothétique précis d’une autre activité professionnelle et avec des critères d’observations objectifs, il se pourrait qu’ils considèrent que c’était une mauvaise influence. Nous tombons dans la diversité des points de vue pour évaluer une influence, celui de l’individu même et celui des autres, quel que soit leur groupe.

Même si un panel de juges était capable d’extrapoler un schéma réaliste de ce qu’aurait pu être sa vie, ses accomplissements, ses joies, quantifier son épanouissement et de déterminer avec certitude qu’un autre métier aurait pu le rendre plus …, cela n’en ferait pas de fait, à l’origine, une mauvaise influence.

Cela dit, ce sont avant tout les perceptions de l’individu qui nous intéressent, si l’on considère qu’il ne connaît pas et ne peut prendre en compte la perception qu’ont les autres de lui, de sa vie et de son travail et que cela n’a donc pas d’influence sur lui.

Dans cet exemple du choix de carrière, seul l’individu peut selon moi définir si une influence est « bonne » ou « mauvaise », pour lui et ne peut s’envisager qu’en comparant, à terme, une fois que ses effets sont définitifs, deux situations, deux parcours de vie, dont l’une est hypothétique, et les deux perceptions qu’elle en a de celles-ci. La première situation issue de l’influence identifiée, la deuxième hypothétique, qui serait le produit d’une autre influence ou d’une absence d’influence. Compte tenu de ces éléments, c’est impossible.

J’en conclus qu’une influence ne peut être évaluée que par sa victime, si elle en a conscience et si ses représentations qu’elle a des effets de cette influence sont inscrite dans une réalité stricte et via un processus qu’elle ne peut mettre en œuvre et qui ne peut avoir dans tous ses aspects des fondements dans le réel.

Autrement dit, il est parfaitement incohérent de vouloir qualifier une influence de bonne ou mauvaise.

Après une recherche rapide, je n’ai pu trouver dans la littérature ou sur Internet d’éléments précis et vraiment pertinents sur la question. Il apparaît qu’il est communément accepté de considérer qu’une influence est bonne ou mauvaise sans évaluer ses effets à long terme, sans dimension temporelle et sans plus d’approfondissement comme si on pouvait se satisfaire d’une représentation rapide, floue, subjective et dénuée de sens.

Lorsque nous la détectons et l’identifions, nous jugeons a priori de ce qui nous influence ou pourrait influencer l’autre en la qualifiant rapidement selon nos propres représentations. Représentations biaisées par notre idée de la réalité.

J’ai d’abord trouvé quelques éléments à propos de la bonne et mauvaise influence sur un site de développement personnel, ce qui n’en fait en rien une approche très sérieuse, nous le verrons. J’ai également trouvé une recherche en sciences sociales que je présenterai à la suite.

Puisque que c’est en accès libre pour quiconque fera une recherche sur le sujet il est important de la mentionner, voici pour commencer l’exemple d’une réflexion sur la bonne et mauvaise influence du site penser et agir https://www.penser-et-agir.fr/se-faire-influencer/   une recherche du type « comment ne pas se faire influencer » dans votre moteur de recherche vous en offrira beaucoup d’autres dans le même genre. Je vais utiliser un tout petit extrait qui sera bien suffisant.

Tout d’abord, voici comment l’auteur du site se présente : « Après avoir obtenu mon Master en Sciences à l’Université de Nantes en 2009, je travaille pendant 4 ans en tant qu’ingénieur d’études auprès des plus grands noms français de l’aérospatiale, du nucléaire et du militaire. En février 2012, alors que je ne trouve plus aucun sens dans mon métier, je crée Penser et Agir. C’est ainsi que je renoue avec mes passions : la psychologie, le développement personnel et l’entrepreneuriat. J’adapte à la psychologie et au développement personnel la logique et la structure des raisonnements que j’ai acquis en tant qu’ingénieur d’études pour créer ma propre approche : le développement personnel par l’Action. Aujourd’hui, penser et agir, c’est plus de 100 000 visiteurs par mois, plus de 150 000 abonnés à la newsletter et plus de 3 000 personnes qui m’ont déjà fait confiance en suivant mes programmes en ligne. »

Avant de vous proposer l’extrait du site, je vais avoir besoin d’introduire l’auteur Dale Carnegie qui a écrit « Public Speaking and Influencing Men in Business » il y a quelques dizaines d’années et republié sous son titre actuel « Comment se faire des amis et influencer les autres » en 1936, puisque l’article le mentionne. Autant dire que les choses ont évolué depuis qu’il a été écrit. C’est un livre écrit à l’origine pour motiver les vendeurs et les managers et cela se sent puisque c’est le contexte de la plupart des exemples. Nous pouvons trouver des analyses, comme celle de Wikipedia qui indique que ses méthodes tentent de faire émerger « une sincérité intentionnelle », je ne suis pas d’accord sur ce point, mais cela serait trop long de s’y intéresser dans cet article.

Voilà donc ce que l’on peut lire sur le site Penser et agir :

« Premièrement, la méthode carnegie suggère de bannir la critique et le blâme entre amis. Les humains sont naturellement réfractaires à la critique, et s’éloignent instinctivement de ceux qui veulent les influencer par la critique, le blâme ou les reproches. En suivant cette règle de la méthode carnegie, vous vous ferez facilement de bons amis qui vous influenceront en bien.

La deuxième phase de la méthode carnegie consiste à féliciter honnêtement et sincèrement. Les amis qui félicitent et encouragent les autres poussent leurs congénères à faire de même. Tant que vous êtes connu pour être une personne sincère dans vos félicitations, vous vous ferez facilement de bons amis. Cette méthode carnegie marche à tous les coups, même sur ceux qui ont un état d’esprit défaitiste. Alors, profitez-en, et félicitez à tout-va.

La troisième astuce de la méthode carnegie consiste à motiver les autres quand on veut les pousser à agir d’une certaine façon. Pour influencer, ne ressemblez pas aux maîtres chanteurs et adeptes du narcissisme. Motivez plutôt. Montrez à votre interlocuteur qu’il est capable d’accomplir ce que vous lui suggérez, et il sera ravi de le faire. C’est là la seule manière d’influencer positivement une personne. »

Titre de paragraphe : « Penser différemment pour éviter de se faire influencer »

« Voici une vérité que vous ignorez peut-être : les mauvaises comme les bonnes influences s’attirent.

Quand on a tendance à se faire des amis influençables, il faut se poser ces questions :

    Pourquoi sont-ils si nombreux autour de moi ?

    Serait-ce parce que j’ai moi-même tendance à influencer les autres négativement ?

    Pour éviter de se faire influencer, est-ce que je dois influencer les autres en bien ?

 

Leçon ? Il y a des chances que ceux qui vous influencent soient eux aussi plus ou moins influencés par vous-mêmes. Ne plus se laisser manipuler, c’est donc commencer dans certains cas par éviter d’influencer négativement les autres. Voici une piste pour cultiver des pensées positives avec la musique. »

Voici une copie d'écran à télécharger en pdf de l'article du site Penser et Agir.

Il y a véritablement quelque chose à dire sur l’influence, dans le texte, à chaque phrase, mais je crois que vous aurez compris qu’il s’agirait d’une entreprise assez vaine. C’est malheureusement symptomatique de ce que vous rencontrez en permanence sur la toile et dans certains ouvrages.

Je pense qu’il s’agit d’un exemple frappant ou le fond, l’articulation, le manque d’argumentation et de logique du discours montre à quel point il est primordial de développer un esprit critique pour contrer l'influence constante à laquelle nous sommes confrontés. Je suis dubitatif lorsque je pense que ce type de contenu peut être lu par 100 000 visiteurs par mois et plus de 150 000 abonnés à la newsletter. Alors bien sûr certains (beaucoup) ne sont pas dupes et leur radar a dû les alerter à de nombreuses reprises à la lecture de l’extrait qui pour le coup est une véritable mine d’or.

Pour rester sur la question de la bonne et mauvaise influence, je vais extraire des éléments de l’extrait qui concernent uniquement ce sujet.

Je vous avoue quand même qu’avant de commencer, j’ai le sentiment que des textes de ce type, donnés en pâture aux esprits de cette manière, pourrait faire renoncer le plus sérieux des convaincus de l’importance de son action.

La liberté de parole paraît une évidence, mais on entrevoit ici la réelle problématique et le côté obscur du concept surtout lorsque l’on fait le parallèle avec celui de « bruit ou brouillard de l’information » représenté par la pluralité de sources et d’articles sur un même sujet tous plus futile les uns que les autres et qui ensevelissent les articles de qualités.

Critique superficielle de l’extrait de l’article :

« vous vous ferez facilement de bons amis qui vous influenceront en bien. »

Les termes « bons amis » « influenceront en bien » sont subjectifs et mériteraient d’être défini, détaillé et argumenté. Sous cette forme, cela n’a aucun sens et ne permet pas de comprendre ce qu’il entend par « influencer en bien ».

« Motivez plutôt. Montrez à votre interlocuteur qu’il est capable d’accomplir ce que vous lui suggérez, et il sera ravi de le faire. C’est là la seule manière d’influencer positivement une personne. »

Que l’autre pense que l’on est capable de faire ce qu’il nous demande suffirait donc à nous donner envie de le faire. C’est une déformation de ce qu’explique Carnegie dans son livre qui est en réalité une méthode de manipulation des employés pour qu’ils se remettent à bien bosser, sans créer de conflit ou de problèmes.

Ce qui est déclaré est discutable en soi et sous cette forme, c’est faux. Si ma femme me demande de faire la vaisselle en m’expliquant que j’en suis capable ou même qu’elle me complimente sur tous les aspects de ma technique qui font de mon un plongeur professionnel afin de me brosser dans le sens du poil pour me donner envie de conforter ma réputation, cela ne va absolument pas me donner envie de la faire.

Il faut prendre conscience d’une distinction très importante, que la plupart des lecteurs ne font peut-être pas. Le cadre professionnel et personnel ne peuvent pas être amalgamés, le cadre, contexte et relation de pouvoir entre autres choses sont bien différents. Et d’autre part, la manipulation / influence ne marche pas à tous les coups. Il s’agit ici d’une généralisation hasardeuse.

Ensuite, il faudrait expliquer en quoi cette influence est positive, j’apprécierai une démonstration.

Autre déclaration d’apparence péremptoire : « la seule manière ». Affirmer une telle chose ne peut se passer d’argumentation.

Passons à la phrase suivante : « Voici une vérité que vous ignorez peut-être : les mauvaises comme les bonnes influences s’attirent. »

Pour l’auteur il s’agit d’une vérité : Les mauvaises et les bonnes influencent s’attirent !

Peut-être serait-il nécessaire de développer et argumenter une telle affirmation.

Et je finirais par ce dernier extrait :

« Ne plus se laisser manipuler, c’est donc commencer dans certains cas par éviter d’influencer négativement les autres. »

Au-delà de mes problèmes de compréhension de cette phrase qu’elle soit prise dans son contexte ou en dehors, nous ne savons pas ce qu’est « influencer négativement les autres », pour l’auteur.

Pour conclure brièvement sur ces extraits, je ne comprends pas comment l’auteur peut conceptualiser une telle débauche d’affirmations, qui n’ont sous cette forme aucun lien logique entre elles qui soit explicité, sans s’en expliquer. Nous ne sommes pas plus avancés sur la question de la bonne et la mauvaise influence et la façon de les identifier.

Je vous invite maintenant si vous ne l’avez pas déjà fait à relire mon article sur l’influence « 5 étapes simples pour se protéger de l’influence » qui approfondit l’importance de bien questionner la légitimité de la source et son discours.

Le problème ici, c’est que beaucoup comprendront son discours par projection et écho avec leur propre vécu, par exemple, et ces éléments seront malheureusement parfois adoptés en nouvelles croyances sans plus d’approfondissement.

Il nous faut maintenant approfondir la question de l'influence et de la manière dont nos représentations façonnent nos opinions rapides sur leur caractère bon ou mauvais.

Passons à l’expérimentation en science sociale sur la question de l’influence et leurs représentations : Les relations d’influence et leurs représentations, Stéphane Laurens, dans la Revue européenne des sciences sociales, 2014/2 (52-2) que vous pouvez consulter sur cette page.

Voici le résumé que fait l’auteur de la recherche : « L’analyse de 238 descriptions de situations d’influence (recueillit lors 18 entretiens semi-directifs) permet de décrire le lien entre les effets positifs versus négatifs attribués à l’influence et la nature de la relation d’influence. Nos résultats indiquent que l’influence est décrite comme ayant des effets négatifs lorsque la source est inconnue ou lointaine. À l’inverse dans les situations décrites comme vécues par nos informateurs, ou lorsque la source est proche, les effets de l’influence sont positifs. Il semble que dans les représentations de nos informateurs, la possibilité d’établir une relation réciproque serait liée à des effets positifs de l’influence (ou négatifs en cas d’influence asymétrique). »

Il est véritablement primordial de bien comprendre que la perception qu’a l’individu d’une chose ne reflète en rien sa réalité. Par contre, cette chose est réelle, pour lui. Il s’agit donc d’une recherche en psychologie sociale sur la perception qu’ont les gens de l’influence bonne ou mauvaise, qui sont des évaluations qualitatives communément usitées. Il ne s’agit donc pas réellement de pouvoir définir ce qu’est une bonne ou une mauvaise influence et comment le vérifier, mais bien uniquement de définir la perception qu’a un individu d’une influence et en quoi celle-ci est plutôt positive ou négative en fonction de la source. Cette étude ne cherche donc pas à déterminer ce qui pourrait permettre de définir ce qu’est une bonne ou mauvaise influence ou s’il est seulement possible d’utiliser une telle qualification. La réalité de cette qualification est donc implicitement validée dans cette recherche.

Population de l’étude :

« 18 entretiens semi-directifs (d’environ 1 h 30) auprès de 9 hommes et 8 femmes (enseignants, journaliste, informaticien, commercial, retraité, étudiants, policier, éditeur, employé d’administration, gestionnaire d’établissement de loisir, ouvrier mécanicien, chômeur) »

Est-ce un échantillon suffisamment représentatif ?

Attachons-nous rapidement aux résultats :

  • Les participants opposent bonne et mauvaise influence, hors contexte et cela forme la base de leur réflexion.
  • « Les effets sont généralement évalués à partir des conséquences de l’influence sur la personne influencée. »
  • « Parfois c’est à partir de l’intention (par exemple altruiste ou égoïste) de celui qui exerce une influence qu’est évalué l’effet produit. »
  • Cette évaluation amorce la réflexion, mais n’apparaît plus dès lors que l’on entre dans la description des situations d’influence.

Les participants sont généralement en position d’influencés.

Une influence vécue aura tendance à être évaluée positivement. Les situations non vécues sont jugées néfastes à 71 %.

Les influences négatives mentionnées ne concernent que sectes, médias, politique et religion, toutefois rarement vécues en général.

En ce qui concerne les influences positives :

Les effets de l’influence sont toujours décrits positivement entre amis, et très souvent positivement dans la famille (87,5 %) et l’éducation (83,3 %).

Selon les participants, certaines influences positives conduisent à la socialisation à l’intériorisation des normes de groupe. Elles viennent de personnes ayant un statut supérieur, reconnu comme compétent, expérimenté et s’appliquent sur des personnes moins compétentes ou expérimentées permettant de les former. Enfin, dans ces domaines, les participants soulignent régulièrement les intentions positives de ceux qui exercent consciemment une influence : ils veulent aider, conseiller, transmettre leurs valeurs. La notion d’influence mixte apparaît dans la perception de certains participants, une influence qui ne serait ni bonne ni mauvaise.

Tirer des conclusions à partir d’un échantillon aussi mince me paraît osé.

Il y a selon moi quelques éléments importants que révèle cette étude et que les auteurs ne mentionnent pas.

L’individu préfère penser que l’influence subie a été bénéfique.

Mais qu’est-ce qui le pousse à s’en convaincre ? Nous pouvons supposer a priori qu’il s’agit d’un mécanisme de défense ou d’adaptation sous la forme d’un biais cognitif. Il serait intéressant de creuser la question.

Les représentations et croyances de chacun n’ont de valeur et de sens en soi que pour eux même et peuvent être même totalement stupides pour d’autres, ne pas pouvoir être argumentés, d’ailleurs elles peuvent ne pas représenter du tout l’opinion publique, cette personne peut faire partie d'un tout petit groupe de personnes dans le monde à penser cela. Je vais extraire quelques exemples de propos des participants tirés de l’étude, pour que vous puissiez comprendre mon propos :

« Quand celui qui a le pouvoir menace et impose ses idées, l’influence n’est pas réciproque, pas saine. » 

Cela sous-entend que c’est plus sain lorsque l’influence est réciproque, que l’on peut influencer à son tour l’autre.

Nous sommes ici en train de rejoindre le discours de l’auteur du blog cité précédemment.

En quoi est-ce plus sain ? Cela reste à démontrer. Est-ce que beaucoup de gens partagent cette même conception ?

« L’influence familiale et amicale, c’est-à-dire les amis qui nous soutiennent et qui sont là pour nous aider au moment où on est en train de sombrer ou de chuter, eh bien cette influence […] est positive parce que c’est un soutien. » Cela sous-entend qu’un soutien est une influence, et ensuite que tout soutien est une influence positive. On peut se demander ici si le participant à la même définition des mots influence et soutien que celle du dictionnaire. Dans une étude de ce type, s’assurer d’un référentiel commun au niveau du vocabulaire et de la définition des différents termes sur lesquels porte l’étude me paraît être indispensable. Quoi qu’il en soit, le soutien d’un proche n’est pas forcément une influence ! Aider un ami à faire les courses après une opération n’est pas de l’influence et, dans un autre contexte, il y a beaucoup d’individus qui savent écouter sans donner de conseils et heureusement, écouter n’est pas influencer. Nous sommes ici face à une conception totalement emprisonnée dans les croyances personnelles et souvent les individus ont tendance à croire que ce qu’ils vivent ou pensent est vécu ou pensé par d’autres, que leur pensée est en quelque sorte « normée ». Si l’on ne peut démontrer qu’un soutien est une influence alors il est encore moins possible de démontrer que cette influence est positive car c’est un soutien.

Surtout que, le soutien qu’un individu pourrait apporter à un de ses amis souffrant de dépression, pensant que cela l’aidera et l’influencera positivement, pourrait être de l’inciter à ne plus se laisser aller avec un commentaire du type : «  Mais bouge-toi, va faire du sport ! ». Cela serait très loin d’être effectivement positif dans le sens ou cela pourrait par exemple le culpabiliser ou l’infantiliser et vous risqueriez de renforcer son sentiment de dévalorisation alors que cela n’était pas du tout l’effet escompté. Cet exemple nous permet de conclure quelque chose d’intéressant : l’influence perçue comme positive par l’émetteur peut être perçue comme négative par le récepteur et voir même avoir des effets négatifs selon lui ou dans les faits. Un argument de plus montrant bien qu’elle est totalement dépendante des représentations et que pour la qualifier il est indispensable d’en évaluer les effets définitifs objectivement, et ce par l’individu influencé. Ce qui ne nous sauve aucunement du pouvoir des représentations de cet individu, normes, système de valeurs, etc.

Le deuxième aspect dont nous avons déjà parlé et qui ressort ici, c’est que le contexte est primordial pour pouvoir donner du sens aux propos et soit les individus n’en ont pas donné, soit les chercheurs n’ont pas pensé utile ou important de les mentionner.

Prenons une autre citation du panel de l’étude.

« un enfant […] c’est un buvard, c’est assez facile de savoir ce qu’il se passe et ce qu’il se dit autour de lui. C’est une forme d’influence et en tant que parents je crois qu’on en use beaucoup, mais de manière bienfaisante systématiquement évidemment. »

On retrouve ici la croyance que beaucoup de parents instrumentaliseraient leurs enfants pour faire du commérage et qu’il s’agit d’une influence bienfaisante. Ou bien ai-je mal compris ? Quoi qu’il en soit les mécanismes sont les mêmes que dans l’exemple approfondi ci-dessus. L’individu à tort ou à raison considère sa croyance comme normalisée. Par contre, le fait qu’il considère cette influence comme bienfaisante serait à expliquer et argumenter.

Cela pose les limites d’une expérimentation basée sur la perception des gens. Et peu de gens en l’occurrence pour la recherche ci-dessus. On est là sur une des failles principales de tous les travaux sur la perception des individus. Celle-ci étant biaisée et relative à leurs connaissances, leurs normes, systèmes de croyances et leur éducation, il est rarement pertinent d’en tirer des généralités qui puissent servir de base solide à d’autres travaux à moins qu’ils soient eux aussi basés sur la perception.

On peut supposer que si l’un de ces individus avait eu une connaissance plus approfondie des techniques de manipulation marketing et politique et des problématiques d’influence quotidienne au sein de la famille, de l’école et du travail, des données plus pertinentes auraient pu remonter. Bref, dans de telles expériences, l’érudition de la source est un paramètre central, point que nous avons déjà identifié.

Nous pouvons finir cette analyse en mentionnant que le point central qui est vérifié par cette étude et que nous avions déjà identifié est bien que les individus se font une idée à priori de la nature d’une influence, sans approfondissement, sans analyse de ses effets définitifs et rapidement pour qu’elle soit simplement conceptualisable et exprimable.

En ce sens, je rejoins les travaux de Moscovici (1994) et l’analyse de Lalli, Pina. « Représentations sociales et communication », Hermès, La Revue, vol. 41, no. 1, 2005, pp. 59-64. » « lorsqu’il nous propose de transformer le concept des représentations collectives en “phénomène des représentations sociales” (1984). Il remarque qu’un type spécial de représentations a la capacité de combiner des aspects hétérogènes dans une unité n’ayant pas forcément besoin de consistance logique — dans le sens strict du terme — mais plutôt d’une consistance pratique qui puisse faire face aux situations très diversifiées des sociétés contemporaines. Il nous propose une distinction entre l’univers réifié de la science et le monde consensuel de la vie quotidienne : c’est dans celui-ci qu’il nous invite à reconnaître une pensée sociale naïve, “d’amateurs”. (…) C’est une pensée qui aime les analogies, pressée par la hâte de parvenir à des conclusions efficaces, soit par la conversation triviale et sociable, soit par des contraintes conduisant à des pôles extrêmes plutôt qu’à un consensus fondé sur une médiation rationnelle ou majoritaire. Son but est d’abord l’efficacité pratique face aux interférences et aux informations inconnues, qui atteignent des individus se trouvant au carrefour de flux communicatifs multiples. Ce sont des flux qui débordent, par exemple, de l’univers scientifique pour migrer dans les horizons de l’expérience pratique ordinaire, par des moyens techniques de communication de plus en plus répandus. »

En soi, il s’agit pour les individus de se forger une représentation du monde social et de ses interactions dans une forme très simplifiée afin de pouvoir s’en forger une représentation rapide et utile.

Si nos représentations sociales forgent des formes déterminées de signification et notre réalité, pourquoi c’est à partir de celles-ci que l’on tente d’appréhender l’influence. Si l’influence ne peut s’évaluer qu’en fonction de la finalité de ses effets et à travers les représentations de sa victime, alors est-il seulement possible de le faire.

Pour tenter de rendre possible, l’impossible, la simplification et la pensée commune apparait inévitable. Il est probablement moins angoissant d’avoir une fausse idée de la réalité plutôt qu’avoir conscience qu’on ne peut en avoir une vraie ?

J’ai tendance à penser que si nous concluons que l’on ne peut en évaluer ni en contrôler les effets, il est peut-être temps de tenter d’en contrôler son usage.

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Test et avis du Career Explorer de Sokanu, ce test d'orientation peut-il vous aider ?

Il m'a fallu une heure pour terminer le test, mais je suis un professionnel. Il vous faudra probablement un peu plus de temps.

Il serait contre-productif de décrire chaque partie ou aspect du test, car cela prendrait évidemment une éternité. J'ai donc décidé, plutôt que de rapporter chaque étape, de me concentrer sur ce qui compte vraiment.

Cet article doit être considérée comme une humble analyse critique.

Si vous voulez avoir un aperçu complet de ce qu'est un test de carrière et de ses limites, je vous encourage à vous arrêter ici et à lire mon livre "L'orientation aujourd'hui ou l'art de ne pas se planter" disponible sur Google play et amazon, dont je fournirai quelques extraits ou concepts ici et là dans cet article.

Je commencerai par ma conclusion, puis laisserai le lecteur explorer mon expérience en profondeur pour approfondir la compréhension et la base de cette conclusion et surtout réfléchir à certaines des questions clés qui ont émergé au fil de la passation. Je fournirai également les captures d'écran de mes résultats.

Avant de vérifier la conclusion, jetons rapidement un coup d'œil à certaines de leurs déclarations concernant le test Career Explorer que vous pouvez trouver sur leur site Web, et lisons entre les lignes. Attention toutes les citations ne sont pas les citations d'origine en Anglais et pour le confort de lecture elles ont été traduites, vous pouvez lire l'article dans sa version anglaise si vous préférez lire les citations dans leur langue d'origine.

"En utilisant l'apprentissage automatique avancé, la psychométrie et les données de satisfaction professionnelle, nous avons réimaginé ce que peut être un test de carrière."

"Nos modèles d'apprentissage automatique s'entraînent sur des millions de points de données, améliorant constamment la fiabilité et la validité des résultats de nos tests de carrière."

"Nous fournissons des correspondances de carrière basées sur vos intérêts, vos objectifs, votre histoire, vos préférences en matière de lieu de travail et votre personnalité."

On ne sait donc pas comment le test est réellement construit à ce moment-là et dans quelle mesure il est validé. Enfin, ils n'incluent pas dans la liste de ce que le test fournit : ce que vous voulez ou ce qui a du sens pour vous.

"Nous modifions continuellement nos algorithmes et mettons à jour nos ensembles de données afin d'offrir une précision de correspondance inégalée dans le secteur.

Étant donné que tout changement peut avoir un impact sur les résultats fournis et qu'il doit être validé par des tests scientifiques empiriques à chaque fois, cela fait peur de savoir qu'"ils" modifient continuellement leur moteur d'intelligence artificielle.

Une autre déclaration importante du site Web Career Explorer au moment où j'ai écrit cet article : "Que vous poursuiviez des études, que vous soyez en début de carrière, que vous pivotiez vers une nouvelle voie ou que vous cherchiez simplement des réponses, nous sommes là pour vous aider à découvrir où vous trouverez le bonheur dans le monde du travail."

Le bonheur au travail, rien de moins. Il ne s'agit même pas d'une déclaration audacieuse, mais d'une déclaration insensée, car même les chercheurs en psychologie ont du mal à le définir et à le mesurer. Je vous laisse vérifier cela par vous-même.

Dans leur section "ce qui nous rend uniques", ils déclarent que le test est basé sur le modèle des Big 5 (je vous encourage à lire la page Wikipedia sur ce sujet et surtout le chapitre "critique" :https://en.wikipedia.org/wiki/Big_Five_personality_traits), et qu'ils le mélangent avec les codes de holland (le RIASEC).

Comment ils font cela, comment cela fonctionne exactement, comment leur test et leur algorithme ont été validés reste un mystère à ce stade. Mais ils prennent deux modèles et concepts différents et controversés, qui même pris séparément ont bien des défauts, qui concernent les types de personnalité au travail et n'ont rien à voir avec un choix de carrière, ils les mélangent d'une manière inconnue, puis une IA non documentée vous sert un résultat sous forme de choix de carrière(s) ou de diplôme(s).

Je ne le dirai jamais assez : la question centrale est de savoir comment ce mélange magique a été validé.

Et enfin, on peut lire : "Les éléments de notre test de carrière ont été développés par une équipe de psychologues I/O ayant des années d'expérience dans le domaine de la psychométrie" et dans la "page à propos" du site web on peut lire : "En 2012, Spencer a fondé Sokanu pour résoudre ce problème. Il s'est associé à des psychologues de carrière titulaires d'un doctorat (PhD career psychologists) pour réinventer le test de carrière standard et a lancé ce qui allait devenir CareerExplorer - une plateforme de carrière de classe mondiale alimentée par la science et la technologie modernes."

Alors, tapez dans votre moteur de recherche préféré "PhD career psychologists" ou cherchez si il existe en France des doctorats en psychologie de carrière, vous verrez que cela n'existe pas. Bien sûr, il existe quelques doctorats en psychologie, mais comme vous venez de le constater, pas dans le domaine de la "carrière" et la façon dont c'est écrit est très trompeuse, influente.

Alors, quel est le type de résultats que vous pouvez attendre ?

Voici ma conclusion sur ce test :

Il y a beaucoup d'étapes vraiment intéressantes, si seulement elles étaient dans un format différent avec un champ de texte ouvert laissant à l'utilisateur la possibilité de s'exprimer. Malheureusement, ce serait impossible à gérer pour un programme informatique et il manquerait probablement encore du contexte et du sens car si vous n'avez personne pour vous dire que ce n'est pas assez clair ou pas assez approfondi, vous vous retrouverez avec beaucoup de types d'approfondissements différents selon les individus.

Par conséquent, cela dépend de la perception que vous avez de vous-même ou de l'image que vous voulez donner de vous.

Ayant fait une psychanalyse pendant plus de 9 ans et étant coach depuis 17 ans, j'ai une compréhension plus profonde de moi-même que la plupart des individus. Je suppose donc que les résultats devraient être plus précis.

Voici les résultats réels de mon test.

Vos découvertes (les caractéristiques qui me rendent unique) : Fondateur (groundbreaker) / écoute des émotions (feeling-minded) / maximisation (maximizing)

 

Groundbreaker Career Explorer test Result

Feeling Minded Career Explorer test Result

Maximizing Career Explorer test Result

Mes carrières:

My Career results Career Explorer test Result

 

Mes diplômes:

My degrees Career Explorer test Result

Ces carrières ne représentent pas un grand changement ! Il s'agit simplement d'activités en tant que carrière à part entière que je mène déjà en tant que coach et psychanalyste à l'heure actuelle. Je ne vais même pas commenter les résultats sur les diplômes proposés.

J'ai du mal à dire qu'ils sont très éloignés de la réalité d'un point de vue de la personnalité, mais les idées de carrière qu'ils fournissent sont celles que je fais déjà. Une grande partie du test porte sur votre carrière actuelle, vos activités et ce que vous aimez dans ce domaine, alors je ne comprends pas vraiment ce qui se passe ici. Il est intéressant de noter que j'aime vraiment le design informatique, la conception Web et la conception UX et que cela n'a pas été mentionné. Pourquoi ?

La situation ne s'améliore pas si vous êtes un étudiant ou si vous choisissez une carrière pour la première fois, car vous avez tellement de résultats que, sans l'aide d'un professionnel, vous pouvez rapidement vous sentir dépassé. C'est probablement la raison pour laquelle ils proposent une formule premium avec des coachs professionnels. Il est vrai qu'ils veulent et doivent gagner de l'argent.

Ce qui se passe, c'est que si vous ne réfléchissez pas à chaque question, si vous n'avez pas quelqu'un qui vous aide a entrevoir certaines vérités sur vous-même pour vous aider à vous concentrer sur ce que vous êtes et sur ce que vous aimez au plus près de la réalité, vos réponses ne sont pas aussi vraies qu'elles le devraient et les résultats seront donc différents de ce qu'ils devraient être, conceptuellement. C'est le principal problème, et il n'est pas spécifique à ce test.

Les représentations et les pensées des gens sont généralement biaisées. Vous voulez répondre à une question d'une certaine manière, d'accord, mais avez-vous une vision claire de vous-même et de ce que vous aimez vraiment ? En général, il faut une véritable auto-réflexion pour y parvenir. Il est également important de tenir compte du fait que certaines personnes ont été fortement influencées dans leur façon de se percevoir, notamment par l'école, les études, les parents, le patron, les collègues de travail, les membres de la famille et les amis proches. Il y a généralement beaucoup de choses à déconstruire dans vos croyances, mais aussi un travail à faire sur votre état d'esprit avant de penser et de fixer un objectif de carrière.

Mon opinion est que les résultats représentent ce que je fais déjà et ne m'aident donc pas beaucoup à envisager un changement de carrière. Ce test ne résout pas les principaux problèmes que présentent tous les tests de carrière, il est influent et les résultats sont biaisés par les représentations de chaque individu qui ne sont pas remises en question, ce qui rend les résultats peu fiables. L'absence de contexte et de sens dans tous les types de réponses que l'on vous demande de donner est ce qui rend un test de carrière inutile. Un test censé fonctionner pour tous et qui pourrait prendre en compte de telles choses avec des réponses ouvertes ne peut tout simplement pas être analysé par un ordinateur qui sera capable de donner un résultat sensé. Vous ne pouvez pas proposer des choix de carrière en masse, point final. Lorsque vous êtes confronté à ne serait-ce que cinq choix de carrière, que faites-vous ? De préférence, vous demandez l'aide d'un professionnel, c'est pourquoi ils ont une formule premium. Donc au final, comme d'habitude, tout ceci est fait pour vous alpaguer et vous vendre des services supplémentaires car vous penserez que leur test est bien fait, que les résultats sont intéressants et surtout, après avoir passé 1 heure à répondre aux questions, vous serez le sujet d'une manipulation marketing bien connue. Je vous encourage à lire M. Cialdini et d'autres, sur les différentes techniques de manipulation marketing.

Pour l'instant, je vous conseille de trouver une autre option. Une qui s'appuie de préférence sur votre propre réflexion et qui ne vous influencera pas, bien sûr.

 

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Maintenant, le résumé de mon expérience avec le test, étape par étape.

Nous allons commencer par la première étape car c'est là que nous rencontrons le premier problème.

Le test vous demande quelles activités vous aimeriez faire.

Génial ! Mais ce format est problématique à deux égards : premièrement, l'algorithme ne peut pas gérer et traiter facilement les entrées de texte utilisateur de type phrase de réponse personnalisée ; deuxièmement, je sais que la majorité de mes clients ont du mal à répondre rapidement et sans aucun doute à ce qu'ils aiment vraiment faire. En général, les individus ont besoin de conseils pour cette étape. L'autre aspect est que, même si vous et le système parveniez à surmonter ces problèmes, aucune intelligence artificielle ne sera jamais capable de savoir ce qui a du sens pour vous dans ces activités ou quelle est la plus importante, sans beaucoup plus d'informations.

Et puis, est-ce qu'il liste toutes les activités du monde ? NON. Bien sûr qu'il ne le peut pas. Par conséquent, il vous oriente (influence) dans une certaine direction et ne vous fait pas vraiment réfléchir à ce que vous aimez. Ils ne peuvent pas faire autre chose s'ils veulent vous donner un résultat qu'ils peuvent compiler à la fin. Ces activités sont en fait le reflet d'une voie claire mais générale, un secteur. Le processus ici n'a pas beaucoup changé par rapport aux autres tests d'orientation, il ne s'agit pas tant de s'intéresser réellement aux activités mais plutôt de trouver une voie.

Jetons un coup d'œil à quelques exemples : Trouver des ressources de soutien pour les familles dans le besoin / réparer des équipements agricoles / faire des recherches sur le fonctionnement des gènes.

On vous demande de choisir entre : Déteste / n'aime pas / neutre / aime / adore.

Comment cette réponse permet-elle de définir à quel point vous l'aimez vraiment et pourquoi ?

C'est comme les critiques sur les livres. Un 3 étoiles pour l'un sera un 5 étoiles pour un autre, tout dépend de vos représentations, normes et expériences. Un " n'aime pas " pour quelqu'un sera un " neutre " pour quelqu'un d'autre ayant exactement la même représentation sur l'activité. Il y a là un profond manque de sens.

La deuxième étape vous demande d'évaluer les carrières, c'est ce qu'on appelle l'archétype de votre personnalité.

Elle ne tient pas compte des premières réponses données et de la façon dont vous avez répondu sur les activités que vous avez aimées lors de la première étape. On vous donne le nom d'un métier comme "biologiste marin" avec une courte explication de ce dont il s'agit.

Je parie qu'ils font cela parce qu'ils supposent que vous avez pensé que vous aimiez ou n'aimiez pas quelque chose lors de la première étape, mais que vous l'avez fait sans savoir exactement de quoi il s'agissait, et sans contexte. Ils vérifient donc à nouveau vos réponses en vous donnant plus de détails et vous demandent d'évaluer à nouveau la chose en lui attribuant des étoiles de 1 à 5. Dans ce cas, j'ai vu un lien direct entre les étapes 1 et 2.

En gros, vous faites la même chose qu'à l'étape 1, mais cette fois avec plus de détails. C'est plutôt intelligent mais cela prend du temps car nous avons tous des représentations erronées des activités et des emplois. Ils vous proposent des titres de postes aussi divers que promeneur de chiens, ingénieur de vol et détectives. On vous demande ensuite d'exprimer votre opinion en utilisant les termes "j'aime" et "je n'aime pas" sur les thèmes suivants : technologies de l'information, droit, mathématiques, sciences de la vie, musique ou nature et agriculture, étant donné que, cette fois, vos représentations sont plus précises.

Ensuite, on vous demande d'évaluer les diplômes. J'ai vraiment du mal à comprendre en quoi cela est pertinent ? Pourquoi se soucier à ce stade de ce que l'on pense des diplômes (avec une courte description), alors que l'on ne sait même pas ce que l'on veut faire ? La seule explication logique est qu'ils veulent vous proposer des correspondances de diplômes spécifiques (et ils le veulent). Une explication pertinente pour un exercice qui n'a rien de pertinent pour un choix de carrière, sauf pour ceux qui choisissent un diplôme et non une carrière, alors qu'ils ne devraient pas le faire.

Exemples de diplômes : Études des sourds. ("Deaf studies")

Ce diplôme (et d'autres qu'on m'a demandé d'évaluer pour être honnête) m'a fait me demander pourquoi on me demanderait d'évaluer un diplôme aussi spécifique qui n'a rien à voir avec ce que j'ai déjà répondu ? D'où cela vient-il ? Est-ce que cette question est posée à tout le monde ? Ai-je manqué quelque chose ? Fourniront-ils même suffisamment d'informations pour que je puisse l'évaluer ? Sur quels critères ? Je suis perdu.

Peut-être que je vais plus loin que je ne le devrais ici, mais s'agit-il de marketing ? S'agit-il d'une influence pour que l'individu pense à un parcours professionnel qui a besoin de candidats ? Vous savez, je parle de ce genre de publicité induite comme lorsque les personnages de votre émission de télévision préférée boivent une marque de bière ou de soda en s'assurant que vous le voyez bien... Bref, j'espère me tromper.

Voici la description du diplôme : "Un programme qui se concentre sur les aspects sociologiques, historiques et linguistiques des sourds et des malentendants, et qui prépare les individus à travailler avec les sourds et les malentendants. Comprend l'enseignement de la langue des signes américaine, des études sur les sourds, de la culture des sourds américains, de la structure de la langue des signes américaine, de l'histoire de la communauté des sourds américains et des droits civils des sourds."

Je peux me tromper mais je pense qu'il n'y a pas de lien clair entre mes premières réponses et ce qui est demandé lors de cette étape, étant donné qu'on me propose d'évaluer des diplômes en robotique, en droit, en sciences alimentaires, en physiologie, etc.

Après cela, on vous demande de parler de vos expériences précédentes, puis de remplir quelques informations sur vous-même, une de ces informations est votre ethnicité, c'est à cela qu'ils prétendent que cela va servir : "Nous utilisons des données démographiques comme l'ethnicité pour réduire la discrimination et les préjugés dans nos algorithmes, ainsi que pour contextualiser certains de vos résultats en fonction des pairs de votre groupe d'âge, de votre sexe et de votre localisation. Vos réponses sont transmises et stockées en toute sécurité, et ne sont jamais partagées avec des tiers."

Pourquoi cela devrait-il avoir un rapport avec ce que vous voulez faire comme prochain emploi ? Comment leur algorithme calcule-t-il ces données ? Qu'est-ce que cela signifie exactement : "contextualiser certains de vos résultats en fonction des pairs de votre groupe d'âge, de votre sexe et de votre localisation" ? Il me semble qu'ils veulent vous classer dans certains groupes, ce qui peut avoir un impact sur les résultats qui vous sont donnés. Ce n'est pas totalement impartial ou sans influence si c'est le cas.

Ensuite, on vous demande quels sont vos diplômes et où vous les avez obtenus, quelle est votre carrière actuelle et, enfin, quel est le niveau d'études le plus élevé atteint par vos parents. Est-ce pour corroborer ce que les études sociales ont montré il y a longtemps, à savoir que les parents ayant un certain niveau académique ont tendance à avoir des enfants qui auront un haut niveau académique, en raison de l'environnement dans lequel ils sont éduqués ? Est-ce pour leurs propres statistiques ? Est-ce que cela est lié au point ci-dessus pour aider à vous classer dans certains groupes ? Pourquoi cela devrait-il être pertinent pour un nouveau choix de carrière ?

Ensuite, on vous demande si votre carrière actuelle vous apporte un but et un épanouissement.

Intéressant, mais la question principale est à nouveau : qu'en font-ils ? Quel impact cela peut-il avoir sur les résultats ?

Une fois que vous avez répondu à ces questions, ils vous demandent de donner votre avis sur différentes affirmations concernant votre travail :

"Être coach vous permet de contrôler l'orientation de votre travail."

"L'environnement de travail d'un coach est compétitif."

"Être un(e) coach exige une pression temporelle fréquente pour accomplir les tâches."

Comme vous pouvez le voir, même si vous n'êtes pas un coach, votre représentation du travail et du type de tâches qu'un coach traite au quotidien devrait être suffisamment claire pour pouvoir dire si ces questions sont pertinentes. Il semble que l'algorithme se contente d'ajouter le nom du travail dans une question pré-écrite. Par conséquent, c'est plutôt inutile et totalement dénué de sens.

Dans l'étape suivante, vous devrez définir ce qui vous dérangerait dans un emploi : avoir affaire à des clients, des horaires de travail imprévisibles, travailler plus de 40 heures par semaine...

S'agit-il d'une liste exhaustive de tous les aspects de tous les emplois ? Non, donc, dans ce format, je pense que cette étape est influente. Vous demander de dire ce qui vous dérangerait exactement dans un emploi, faire une liste de tous les mauvais aspects de tous les emplois que vous connaissez ou que vous pouvez imaginer sans aide ne serait pas influent. Il vous incomberait de faire l'exercice de manière aussi approfondie que possible, en considérant que cela est utile.

Il y a un autre problème caché ici. On vous demande de dire ce qui est important pour vous. Ceci est basé sur vos croyances et étant donné que personne ne vous dit / ne vous aide à remettre en question ces croyances et à les repenser, vous êtes en difficulté car vous vous tromperez vous-même. Ce que vous pensez est le résultat d'une combinaison de tant de choses. Vous pouvez penser que travailler plus de 40 heures par semaine est un cauchemar absolu, mais cela s'inscrit dans un certain contexte. Vous penseriez certainement différemment si ce que vous faites avait un sens profond pour vous, par exemple.

Il y a des croyances habituelles dont les professionnels de la carrière savent qu'elles sont importantes pour vous et, plutôt que d'expliquer pourquoi elles ne devraient pas être un critère de choix, ils préfèrent les renforcer, par manque de compréhension du problème ou à des fins d'influence : vous avez tendance à aimer et à faire confiance aux personnes qui vous disent que ce que vous pensez est intelligent. Mais, comme je l'ai dit dans mon dernier livre, si vous allez dans un magasin de bricolage chercher un outil pour régler un problème dans la maison, vous attendez du professionnel qu'il vous dise que c'est le bon ou qu'il vous oriente vers le bon outil pour ce travail, vous évitant ainsi d'autres problèmes. Par exemple, essayez d'enlever un clou avec un tournevis...

C'est le genre de croyances dont je parle : Gagner beaucoup d'argent. Être reconnu pour le travail que je fais. De bonnes conditions de travail. Avoir des collègues avec lesquels il est facile de s'entendre. Le prestige du travail (c'est-à-dire que la carrière est admirée et respectée dans la société). La variété, quelque chose de différent chaque jour.

Vous allez penser que je suis fou de dire cela, parce que je n'ai jamais vu personne affirmer cela, mais tout cela est plutôt basé sur des croyances stupides et ne devrait pas être pris en compte sans un questionnement profond pour comprendre exactement et précisément ce que vous voulez vraiment, pourquoi et si, c'est sous votre contrôle. Je ne peux pas entrer dans le détail ici, car cela dépasse largement le sujet de cet article, alors s'il vous plaît, lisez mes autres articles sur l'influence, et si vous envisagez un changement de carrière et que vous pensez que je suis fou d'affirmer de telles choses, que vous voulez approfondir ces aspects pour une analyse et une explication complète, et si l'un de ces aspects est l'un de vos critères, voici un petit peu d'auto-promotion en vous invitant à consulter mon dernier livre : "Surmonter l'influence et changer".

Passons à l'étape suivante, on vous demande de définir si certaines affirmations vous ressemblent. Par exemple, "Je... suis toujours prêt".

Qu'est-ce que cela signifie ? Préparé à quoi ? Pour n'importe quoi ? Le problème avec toutes ces questions auxquelles vous devrez répondre, comme celle ci-dessus, c'est qu'elles sont hors contexte ; leur sens est donc absent. C'est pourquoi certaines personnes pensent que leur voyant a toujours raison, ils ajoutent tout contexte nécessaire pour que cela ait un sens pour eux. Ici, c'est aussi vous qui créez le contexte, qui créez un sens, une image, une histoire, afin de pouvoir répondre. Et comme il s'agit d'un exercice par oui ou par non et que vous ne pouvez pas taper et ajouter un contexte à votre réponse, cet exercice est totalement inutile et dénué de sens.

Je ne peux pas révéler ici toutes les questions du test et certaines questions sont un peu étranges mais je dois admettre qu'après tout, il peut probablement aider à obtenir une image assez fidèle bien qu'incomplète de votre personnalité. Le seul problème est que votre personnalité est utilisée pour vous faire correspondre à un emploi. Si vous avez lu "L'orientation aujourd'hui ou l'art de ne pas se planter" alors vous avez tout de suite compris ce que je voulais dire, pour les autres voici un exemple pour que vous compreniez ce que je veux dire le plus rapidement possible : Pensez-vous qu'il faut une personnalité spécifique pour devenir chauffeur de taxi ? Bien sûr que non. Ils vous trompent. Ils le formulent d'une manière qui ressemble à ce que vous recherchez, suffisamment proche : comme "trouver un emploi qui vous correspond", car c'est la seule chose qu'ils peuvent vraiment fournir avec un test. Alors qu'en fait, ce que vous voulez généralement, c'est savoir comment mettre le doigt sur ce qui pourrait être votre prochaine aventure, ce que vous aimeriez vraiment faire, peut-être ce que vous devez faire pour profiter de la vie, trouver ce que vous voulez faire, trouver votre but, tout ce que vous pensez être ce que vous voulez et connaître toutes les raisons pour lesquelles vous le faites, quelles qu'elles soient.

L'étape suivante concerne les compétences que vous voulez utiliser dans votre carrière : c'est quelque chose de vraiment intéressant !

Mais là encore, nous sommes confrontés à un problème : serez-vous en mesure de dire et de décrire les compétences que vous voulez utiliser ou devrez-vous choisir dans une liste et, dans ce cas, toutes les compétences sont-elles listées ? Vous l'avez deviné, vous devrez choisir dans une liste et elles ne sont pas toutes là. Voici quelques exemples de compétences : Apprendre de nouvelles choses / programmer / négocier.

Donc encore une fois, nous avons un exercice qui vous influence et qui manque de contexte, de détails et de sens.

La dernière étape est également intéressante je dois dire, elle s'appelle : Est-ce que cela vous ressemble ?

Il y a beaucoup d'affirmations, un assez bon tour d'horizon, mais beaucoup de questions semblent redondantes et nous sommes à nouveau dans un principe de "matching" évidemment...
Un champ de texte ouvert devrait être obligatoire sur ce genre d'exercice.

Me voilà donc à la fin du test de Career Explorer, avec le sentiment que si je n'écrivais pas un article à ce sujet, ce serait une perte de temps et je manquerai une bonne occasion de prévenir beaucoup d'échecs.

Je suis confronté à une tonne de résultats, je vous renvoie à la conclusion que j'ai placé en introduction pour contenter les plus pressés d'entre vous.

À la fin, deux options s'offrent à vous : la première est de payer pour avoir les "résultats complets", ce que je ne vous recommande pas de faire.

Voici donc les "avantages pour les membres" :

    Votre compatibilité avec plus de 1 000 carrières et diplômes
    Rapports sur la personnalité et les traits de caractère
    Des offres spéciales
    Accès au coaching, à la formation professionnelle, etc.

Soyons clairs : vous êtes à la recherche de votre prochaine étape dans la vie et ils vous offrent une liste de "compatibilité" avec plus de 1000 carrières et diplômes ? Que ferez-vous avec cela, en quoi cela vous aide-t-il ? C'est beaucoup plus déroutant qu'utile si vous voulez mon avis. Incroyable.

Ensuite, un "rapport sur la personnalité et les traits de caractère", comme nous l'avons déjà dit, vous n'en avez pas besoin pour savoir quel travail vous voulez faire ensuite. Inutile.

Des offres spéciales : pour qu'ils vous offrent des services payants supplémentaires via le coaching et les cours en ligne. Nous pouvons nous demander pourquoi diable vous avez déjà passé 1h30m ou plus sur ce test si finalement il s'agit d'obtenir l'aide d'un coach de carrière que vous pouvez trouver et sélectionner vous-même sur la base de vos propres critères. Un complément commercial n'est pas un avantage.

Alors maintenant, voyons après 1h30 de quiz ce que vous en retirez :

Donc comme je l'ai dit, j'ai fait le test en tant que coach professionnel que je suis, souhaitant un changement de carrière sans idée précise de ce que je voudrais. Cet état d'esprit correspond à environ 90 % des personnes qui cherchent à changer de carrière, elles veulent du changement mais ne savent pas ce qu'elles veulent et sont confrontées à de multiples dilemmes concernant le temps, les finances et leurs propres capacités, pour n'en citer que quelques-uns. Je suis presque sûr que ce test "tel quel" va générer plus de problèmes que d'aide.

Je propose au lecteur de revenir au début pour relire la conclusion qui a été donnée dans l'introduction de cet article.

 

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La définition de l'influence sur l'individu

Voici ma définition de l'influence sur l'individu:

Toute modification consciente ou inconsciente, de la perception, de la pensée, du système de croyances, de la communication, des émotions et des actions d'un individu par la communication verbale ou non verbale, le produit ou l'action d'un autre individu ou groupe, intentionnelle ou non.

(J'ai délibérément choisis, afin d'en améliorer la perception, de la formuler précisément en lieux et place de termes génériques du type "processus" ou "interaction".)

Elle est inévitable.

Elle est en partie surmontable dès lors que l'individu atteint une certaine autonomie de pensée et qu'il en connaît l'existence.

La qualité a priori et les effets d'une influence sont impossibles à évaluer et démontrer.

La somme des expériences qu'est notre vie nous influencent et nous construisent psychiquement.

 

Merci de ne pas plagier cette définition et de citer la source si vous souhaitez en faire l'usage.

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Un exemple de plagiat avec copié collé pur et simple (capture d'écrans)

Qu'est ce que le plagiat?

En voici un exemple concret et véritable prouvé par des copies d'écran!

la définition du plagiat selon l’article L122-4 du Code de la propriété intellectuelle:
« Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur […] est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque. »

Bref, il s'agit d'utiliser le mots et les idées des autres, sans les citer et en ne spécifiant pas qu'il ne sont pas vôtre. Par exemple dans ce cas, je cite d'où provient cette définition.

Attention : la réécriture d'un texte en utilisant des synonymes est également considéré comme du plagiat. Tout comme le fait de réutiliser, un raisonnement, une explication ou une argumentation.

Vous trouvez généralement sur mon site, sur la barre latérale droite le long de mes textes et articles, un petit logo attirant votre attention sur quelque chose qui me parait très important, pour les artistes, les penseurs et tous les créateurs de contenus, concernant le plagiat.

C'est un fléau qui s'applique aussi pour les sites de qualité qui voient leur contenu considéré par les moteurs de recherches comme des duplications.

J'ai trouvé une citation sur le site mediapart qui me semble fort intéressante de Geneviève Koubi, professeure et auteur de livres sur le plagiat comme il la présente sur cette question:

"Le plagiat consiste en une usurpation du rôle de chercheur, il révèle une imposture. Il n’est pas falsification, il est confiscation de la substance de l’idée créatrice à celui qui l’a délivrée ; il n’est pas déformation, il est captation de la pensée novatrice de celui qui l’a avancée. Se saisissant de l’avant-texte, il s’accapare de l’originalité de la réflexion, de l’inventivité du raisonnement d’un autre. Il fait croire à une indépendance d’esprit que le plagiaire ne peut, en définitive, honorer tant la source d’inspiration n’est pas mise en évidence. A mon avis, ce sont ces segments qui devraient désormais être problématisés."

Voici la copie d'écran du texte présent depuis 2009 sur le site de l'AFCSE (Association Française du Coaching Scolaire et Etudiant) dont je suis le président et pour lequel j'ai participé à l'écriture des textes.

 

 

 

Voici à présent le texte qui était présent à la date de la copie d'écran, en 2021 sur le site d'un professionnel du coaching, je vous laisse seul juge des conclusions à en tirer.

 

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5 étapes simples pour se protéger de l’influence

Qu'est-ce que l’influence ?

Vaste sujet dont la toile d’araignée qui peut la représenter est terriblement fine, souvent imperceptible et complexe à correctement identifier et cartographier pour la définir, mais aussi l’expliquer et tenter de la déjouer.

Cet article n’a pas vocation à détailler l’influence dans ses moindres aspects et effets, cela serait bien trop long et fastidieux. Il a deux fonctions principales :

  • la première est de vous donner la liste de ce que vous pouvez faire pour en limiter les effets,
  • la deuxième est de vous expliquer comment y arriver concrètement en vous fournissant quelques explications ainsi que des exemples.

Voilà donc pour les plus pressés ou ceux qui ont besoin d’une structure préalable à un exposé, les 5 étapes clés pour vous aider à vous protéger globalement de l’influence. C’est un processus général qui ne peut forcément pas correspondre à tous les types d’influences, mais qui cherche à combattre les croyances, les normes et l’acquisition de nouvelles connaissances, notamment.


5 étapes en 2 parties, adaptables selon le sujet :

I) Questionner l’expertise de la source

  1. Qui s’exprime ? Quels sont sa formation et son parcours ?
  2. Quel élément permet de déterminer s’il sait véritablement de quoi il parle ?

 

II) Remettre en question le discours

  1. Cite-t-il ses sources ou l’origine de ses dires ou raisonnements ?
  2. Vous devez décortiquer et analyser le discours et le niveau de justification et de précision des propos.
  3. Vous devez vérifier la justification éventuelle de ce qu’il dit, même s’il se base sur une étude scientifique, vous devez vérifier le sérieux de l’étude et de ses auteurs, mais aussi que l’auteur n’a pas mal compris les conclusions des scientifiques et ceci afin de vérifier que son analyse n’est pas faussée.

Trois autres éléments importants pour d'autres types d'influences; il faut savoir dire NON, il faut être capable de ne pas se laisser contraindre à faire ce que l'on ne veut pas faire, même d'un proche, et pour finir, il faut avoir la lucidité qui permette de savoir faire la différence entre ce qui relève de l'argumentation honnête et objective pour convaincre et ce qui relève de la manipulation.


Important : Toute pensée ou idée ne peut pas forcément être prouvée scientifiquement et l’on peut adhérer à une idée ou concept parce qu’elle fait sens ou qu'il est bien argumenté, ce qui ne la rend pas vrai ou fausse.

Nous allons approfondir tous ces points.

Voici à présent le mode d’emploi pour surmonter l’influence.

L’enjeu est véritablement la liberté, la liberté de la pensée.

C’est cette liberté de penser qui vous permettra de faire des choix qui sont véritablement les vôtres. Qui aujourd’hui peut se vanter et prouver qu’il y arrive toujours ?

Ceci est d’autant plus vrai à l’ère des réseaux sociaux, de la propagande, du marketing, de la désinformation, des journalistes free-lance seulement motivés par le nombre de clics que générera le titre de leur article (putaclic).

Beaucoup d'articles sites Internet traitent de l’influence et de la manipulation sous l’angle de la confiance en soi, c’est parfaitement ridicule et réducteur.

Pour générer des clics et donc de l’argent, quel que soit le sujet, beaucoup de bloggeurs sont prêts à vous raconter n’importe quoi du moment que leur texte comporte les bons mots clés et fait un certain nombre de mots déterminés pour plaire à Google et augmenter leur présence sur la toile.

Mais la qualité baisse, car elle n'est plus vraiment essentielle pour faire parler de soi. D'après SEMRUSH, "selon des études, 59% des contenus partagés sur les réseaux sociaux n'ont pas été consultés. Cela veut dire que, souvent, un titre accrocheur suffit pour développer la visibilité de votre article". Cela fait référence à une expérience du site satirique The Science Post, qui a publié un article en lorem ipsum, donc sans aucun contenu a part le titre, article qui aurait été partagé 50000 fois ainsi qu'a un article paru dans le Chicago Tribune qui mentionne également une recherche scientifique née d'une collaboration entre "Columbia University and the French National Institute" que je n'ai pu trouver. Si vous vous intéressez au sujet vous trouverez beaucoup d'études qui dans leur logique rejoignent ce qui est dit ici, temps passé sur les réseaux, temps maximal d'attention par stimuli et bien d'autres thèmes intéressant sur les nouvelles habitudes numériques des populations.

J'espère seulement que les auteurs se sont intéressés à savoir si le fait pour un individu d'avoir rencontré trop de fausses news et trop d'articles bidons ou peu intéressants / pertinents par rapport à leur recherche avaient causés ces comportements ou pas?

C’est pourquoi il est de plus en plus difficile d’accéder à une information fiable et pertinente au premier coup sur Internet. La bonne information est engluée au milieu de centaines de mauvaises, ou fausses, d’articles qui ne sont que des copiés collées, d’agencements, de réécritures d’articles, et chacun post sa propre mouture sur un sujet.

Parfois, et j’en publierais un exemple dans peu de temps, nous pouvons constater un plagiat pur et simple, des copiés collés de paragraphes, chapitres voire articles complets.

Et ne reliez pas cela au phénomène des fausses news, car celui-ci s’additionne plutôt au phénomène « bloggeur ».

Le travail visant à recouper les sources n’en est alors que plus difficile. Et c’est bien là que le premier point visant à s’interroger sur la qualité et la légitimité de la source représente la clé de voute du système à mettre en place pour contrer l’influence.

Selon moi, l’influence ne naît pas forcément lors du processus d'acquisitions de nouvelles croyances ou connaissance d’un manque de confiance en soi ou d’affirmation de soi, mais plutôt d’un manque d’esprit critique et d’ignorance. Je m’explique, ce manque de confiance peut dans une certaine mesure influer sur votre volonté d’approfondissement, sur votre volonté de questionner ce qui vous est dit. Par exemple, se dire que l’on est trop bête pour comprendre est probablement le meilleur moyen de le rester.

Qui peut se targuer aujourd'hui d’être savant dans tous les domaines ? Par conséquent, l’ignorant qui pense être trop bête pour comprendre certains sujets pourra croire le premier venu et se faire influencer, s’il en reste là et l’intègrer comme savoir.

Il est ici nécessaire de ne pas faire l’amalgame entre croyance et savoir.

Voici une définition rapide de la croyance selon le Larousse : « Fait de croire à l’existence de quelqu’un ou de quelque chose ».

Voici à présent une définition du savoir : « Être au courant de quelque chose, le tenir ou le donner comme vrai, réel ».

La croyance n’a rien de vrai, c’est le fait de croire en quelque chose, qui peut n’avoir aucun lien avec la réalité, ou ne pas pouvoir être démontré.

Le savoir est une connaissance fondée sur la réalité, souvent démontrée par la science, comme une réaction chimique par exemple. Idéalement, on tend à considérer qu’elle est indiscutable, même si bien sûr, bien des connaissances scientifiques sont remises en question par de nouvelles découvertes. Par conséquent, l’état du savoir n’est vrai que jusqu’à preuve du contraire, dans certains domaines et sur certains sujets.

Et oui, le concept de réalité peut être lié aux représentations de chacun, mais ne complexifions pas trop.

C’est pourquoi cela se règle in fine par le questionnement et la vérification, passerelles qui mènent à la connaissance. Une action plus facile à réaliser dans le présent et dans le futur que pour une action passée. Imaginez l’ampleur du travail pour décortiquer tout ce qui vous a influencé depuis votre naissance pour être ce qui constitue aujourd’hui votre système de croyances et savoirs ? Nous sommes donc bien plus dans une action réaliste intégrant une dynamique d’analyse des acquis dans le présent et le futur prioritairement, même si dans une démarche de reconversion, il faut venir questionner certaines idées reçues et certaines croyances limitantes.

Ce n’est pas seulement sous la forme des conseils, des histoires ou des articles dont l’information est acceptée trop rapidement en tant que fait, ou vérité, que celle-ci s’immisce dans nos têtes. Elle s’y est ancrée également par l’éducation, les organisations, règles, normes et processus divers qui gouvernent les aspects de nos vies et que nous ne pouvons pas forcément combattre : le système de notation des apprentissages et la compétition qui en résulte allant jusqu’au prix nobel en sont un exemple frappant. Une autre image frappante très insidieuse est l’influence d’un pervers narcissique qui dès le début de la relation influence sa victime qui généralement n’en a absolument pas conscience et va se retrouver à accepter des comportements, des remarques ou faire des choses qu’elle pensera inconcevable quand elle finira par y réfléchir plus tard.

Et le problème n’est pas si simple, surtout si l’on considère, à juste titre, puisque l’on y arrive tout naturellement, qu’il y a bonne et mauvaise influence. j'ai un article en préparation sur cette question.

D’un point de vue social par exemple, la pensée commune pourrait considérer qu’une « bonne » influence serait celle d’un ami qui va tirer un enfant vers le civisme ou la connaissance, plutôt que vers la délinquance ou l’ignorance.

Évidemment, cela va dépendre des valeurs de chacun, mais il n’y a aucune échelle de notation ou de valeur de l’influence ni aucun outil permettant d’évaluer ou quantifier la nature de son impact.

Par conséquent, l’influence est un phénomène très pernicieux, qu’il est impossible de totalement identifier et contrôler, dans sa forme et ses effets et qui peut également dépendre des conceptions de chacun.

Du coup, la recette à appliquer sera simple en apparence, mais compte tenu de la complexité du phénomène, elle sera coûteuse en ressources cérébrales et temporelles.

Vous souhaitiez avant tout une méthode pour vous en défaire et non un approfondissement du phénomène et de ses effets. Je m’arrêterai donc là et consacrerai un article beaucoup plus long sur cette question ultérieurement qui reprendra une partie des éléments présentés. Vous pourrez le retrouver sur le blog.

Voici les deux grands principes pour se protéger de l’influence, que je vous propose de mettre en œuvre, et ceci, quel que soit sa forme ou son domaine d’action :

Le premier principe est donc de s’interroger sur l’expertise de la source.

D’abord, ce n’est pas parce qu’un individu se dit expert ou se présente en tant qu’expert qu’il l’est, par contre il cherche certainement à vous le faire croire et donc à vous influencer. Je lisais récemment une interview d’un scientifique de renom qui m’a frappé, et comme il le disait si bien, les vrais experts ne se présentent pas en tant qu’experts.

L’expertise relève dans mon référentiel de l’expérience.

La terminologie de spécialiste est différente selon moi, car je trouve qu’elle précise que vous êtes « spécialisé » sur un thème particulier. Je le prends au sens de spécialisation dans un domaine.

Les mots ont leur importance, même s’il peut simplement être question de l’amalgame d’un individu et non d’un manque d’humilité.

Le larousse considère qu’un expert est quelqu’un qui connaît très bien quelque chose par la pratique et qu’un spécialiste est une personne qui a des connaissances approfondies dans un domaine et donne une deuxième définition via un exemple : Médecin qui se consacre de manière exclusive à une discipline médicale, qui exerce une spécialité.

Spécialiste ou expert, il faut aussi être vigilant. Un médecin nutritionniste peut écrire un ouvrage sur un nouveau régime, régime qui sera décrié par d’autres médecins et nutritionnistes en suivant avec une argumentation pertinente, qui seront probablement eux aussi des spécialistes.

La parole d’un spécialiste n’offre pas de garantie de vérité a priori.

Dans un tel contexte, définir à qui faire confiance n’est pas une entreprise facile et demande beaucoup de temps de recherche pour savoir vraiment de quoi il retourne et encore cela ne garantit pas forcément que ce que vous choisirez de penser est vrai ou sera ce qui s’approche le plus de la réalité.

Alors, comment s’y prendre pour questionner l’expertise de la source ?

Il vous suffit de procéder par étape. Imaginons que le sujet relève du développement personnel et qu’il s’agisse d’un livre sur le « lâcher prise ».

Un spécialiste du Yoga pourrait être tenté, quelle qu’en soit la raison, d’écrire un ouvrage sur le sujet, considérant qu’ouvrir ses sept chakras est la meilleure solution pour « lâcher prise ».

Un psychologue spécialiste des questions des exigences irrationnelles et de l’anxiété, comme Albert Ellis, l’un des pères des thérapies comportementales et cognitives (TCC), traite également de cette question du « lâcher prise ».

Didier Pleux, auteur et docteur en psychologie du développement traite du « lâcher prise », dans son ouvrage « Exprimer sa colère sans perdre le contrôle ».

Nous sommes en présence de plusieurs angles d’approche de cette question qui selon les sensibilités, connaissances préalables ou croyances de chacun peuvent avoir un écho particulier et tout autant d’intérêt !

De ces trois ouvrages, quelle serait la source à privilégier selon vous ?

Quel est le livre dans lequel vous êtes le plus susceptible de trouver une information fiable ? Fiable au sens de crédible, qui ne soit pas basé sur des croyances invérifiables, mais basé sur l’expérience professionnelle et idéalement validé scientifiquement.

Ce n’est pas si évident que cela. Surtout si on part du principe que la méthode des chakras peut permettre à certains de lâcher prise, sur le long terme, même si elle ne peut être scientifiquement prouvée. C'est là que nous sommes confrontés, dans ce raisonnement, à la question du résultat lié à l'appréciation de l'influence mais à ce stade nous ne pouvons évaluer aucun résultat puisque nous sommes en train de choisir à qui faire confiance, alors passons à autre chose, j'approfondis la question du résultat dans l'article traitant de l'idée reçue sur la bonne et la mauvaise influence

Je ne sais pas répondre à cette question, mais en ce qui me concerne, étant ignorant sur la question des chakras et considérant a priori tout cela comme de l’autosuggestion, de la manipulation mentale et comme un phénomène invérifiable, je serais tenté de préférer les autres approches surtout compte tenu de mon profil. Mais si l’on se borne à considérer les résultats effectifs et que l’on imagine que le Yoga serait capable d’être aussi efficace sur le long terme que les deux autres approches pour l’individu qui choisirait cette méthode, alors c’est une autre histoire. C’est assez réducteur, mais finalement ne serait-ce pas seulement le résultat qui compte dans ce contexte même si cela est basé sur une croyance sans fondements, si l’on admet qu’il n’y a pas de réels mauvais côtés pour l’individu. Nous pouvons ici faire le parallèle avec l’effet placebo.

Les deux autres approches des psychologues nous offrent des théories basées sur leur observation clinique et leur réflexion sur ces questions, ils offrent une argumentation et un raisonnement qui fait sens, mais il ne s’agit pas d’une expérimentation scientifique supportant indubitablement leur théorie.

C’est un peu comme si nous cherchions à démontrer par l’expérimentation la théorie freudienne du complexe d’œdipe ! Bon courage, surtout que peu d’analystes devraient pouvoir se targuer de l’avoir déjà clairement identifiée en thérapie. Mais c’est un autre débat.

Quoi qu’il en soit finalement, nous sommes ici face à trois théories, quels qu’en soient leurs fondements.

Dans un tel cas de figure, il serait sûrement judicieux de toutes les étudier et les mettre en pratique, les unes après les autres. Ce qui pourrait vous permettre, en fonction de votre protocole de test de déterminer celle qui vous a réellement aidé, s’il n’y en a qu’une.

Prenons un autre exemple qui pourrait vous arriver après avoir creusé un peu, sur un sujet que je maîtrise mieux : le changement de carrière. Nous allons également pouvoir approfondir un peu plus.

D’un côté, on prend le livre sur le changement de carrière d’un auteur et conférencier américain, Richard N bolles « What color is your parachute », malgré que son travail soit basé sur le Riasec et que ce soit une hérésie de l’adapter à l’orientation. Vous trouverez le détail et l’explication dans mon ouvrage « Surmonter l’influence et changer »).

De l’autre, une autrice anglaise multidisciplinaire comme Joanna Penn, avec son livre « Career Change ».

C’est lorsque l’on s’intéresse à l’expertise de la source, que l’on vérifie sa formation, sa carrière et que l’on tente d’évaluer la légitimité a priori, de ses idées, que l’on peut mieux identifier quel livre choisir.

Richard N bolles, a vendu 10 000 000 de copies de son ouvrage dans le monde, déclare t’il. Si vous approfondissez la formation et l’expérience professionnelle de l’auteur, vous constaterez qu’il a un bachelor de physique et un master de théologie générale. Rien qui ne puisse légitimiser son discours au niveau de l’orientation, il est difficile de définir, dans sa formation ou son expérience ce qui lui donne les compétences d’expliquer aux autres comment trouver leur voie et ce qui l’a poussé à le faire. On pourra me rétorquer que ce succès et ce manque de lien entre formation et activité professionnelle, est particuliere puisque lié au marché américain et ses normes, soit.

D’ailleurs, c’est le même phénomène avec Simon Sinek qui est avant tout un professionnel du marketing et qui rencontre un succès fou avec sa méthode de choix de carrière « Start With Why » et « Find Your Why » alors que son concept n’a aucuns fondements et présente même un certain danger. Je vous renvoie ici à mes deux articles sur la question que vous retrouverez dans le blog.

Sur le marché du développement personnel ou de l'orientation ce n’est pas l’expertise ou la spécialisation qui permettent à votre travail d’être mis en lumière.

Joanna Penn, indique dans sa bio sur Amazon avoir étudié la psychologie sans aller jusqu’au master, et a également un master en théologie. Elle est autrice de thriller et a écrit de nombreux livres sur différents sujets liés à l’autoédition destinés aux auteurs qui se lancent. Au milieu de cela elle a donc écrit dernièrement un livre sur le changement de carrière. Elle a également écrit un autre livre sur l’intelligence artificielle, la blockchain et les mondes virtuels. Sujets probablement porteurs actuellement ?

Il n’est pas nécessaire d’aller plus loin pour le moment.

A priori, à quel auteur feriez-vous le plus confiance sur le sujet du changement de carrière ?

 

 

 

 

 

 

Votre réponse devrait probablement être : N Bolles, bien qu’idéalement selon moi, il serait préférable de considérer « aucun » comme réponse la plus judicieuse.

Nous passons à présent à la deuxième étape qui est de remettre en question le discours.

Voici un exemple tiré de mon livre mentionné ci-dessus et je tiens à signaler que pour donner une valeur universelle à la recherche que je vais mentionner compte tenu de sa nature, il faudrait considérer que la perception de la vie des américains est en tout point semblable à celle de tous les autres habitants de la planète et qu’elle soit également Trans générationnelle et basée sur un échantillon suffisamment représentatif, chose que je ne précise pas dans mon ouvrage, à tort :

Bolles, Richard N. What Color Is Your Parachute? 2020 (p. 99) nous parle de l’étude suivante pour expliquer le fait que l’argent fait un peu le bonheur. Cette étude est parue dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences qui démentirait en partie et en apparence le proverbe selon lequel l’argent ne fait pas le bonheur. Réalisée par Daniel Kahneman, Prix Nobel d’Économie en 2002, et son collègue de l’université de Princeton, Angus Deaton, l’étude est intitulée : High income improves evaluation of life but not emotional well-being porte sur le bien-être de 450 000 Américains interrogés en 2008 et en 2009 pour l’indice Gallup-Healthways.

Si l’on s’arrête sur le titre uniquement, l’étude parle de l’impact sur l’évaluation de sa vie et non pas de bonheur !

Bolles nous livre cette analyse : « the less money they made, the more unhappy they tended to be, day after day. No surprise there. And, obviously, the more money they made, measured in terms of percentage improvement, the happier they tended to be, as measured by the frequency and intensity of moments of smiling, laughter, affection, and joy all day long, vs. moments of sadness, worry, and stress. So, money does buy happiness. But only up to a point. »

On peut donc lire mot pour mot : « Donc l’argent achète le bonheur. Jusqu’à un certain point. »

Cela a également été écrit en ces termes dans la presse.

Pourtant, dans le résumé des auteurs, nous pouvons lire : « We conclude that high income buys life satisfaction but not happiness, and that low income is associated both with low life evaluation and low emotional well-being. »

Traduction : Nous concluons qu’un revenu élevé achète une vie satisfaisante, mais pas le bonheur, et qu’un faible revenu est associé à la fois à une faible évaluation de la vie et à un faible bien-être émotionnel.

Ce qui signifie qu’avoir un bon salaire augmente votre PERCEPTION d’avoir une vie SATISFAISANTE, mais PAS le BONHEUR.

Nous pouvons lire également dans le résumé de l’étude : « The question of whether ‘money buys happiness’ comes up frequently in discussions of subjective well-being in both scholarly debates and casual conversation. The topic has been addressed in a vast and inconclusive research literature ».

Traduction : La question de savoir si « l’argent achète le bonheur » est fréquemment soulevée dans les discussions sur le bien-être subjectif, tant dans les débats universitaires que dans les conversations informelles. Le sujet a été abordé dans une vaste et peu concluante littérature de recherche.

En d’autres termes, nous n’avons pas encore pu prouver qu’il existe un lien entre l’argent et le bonheur.

Et pourtant, il apparaît que c’est tellement ancré dans nos croyances que même des auteurs et des ouvrages de la renommée de celui de Bolles, ce qui n’en définit aucunement sa qualité, en font en apparence la conclusion et renforcent par là même ces croyances.

Et sans esprit critique, sans aller vérifier l’étude par vous-même, parce que l'auteur semble savoir de quoi il parle et est apparemment assez intelligent pour analyser ce genre d'études, vous vous faites avoir. Ou en tout cas, les choses sont déformées, tournées différemment.

Au-delà de l’utilisation spécieuse d’une recherche pour appuyer son discours et si l’on se borne à étudier la méthode proposée, seul un travail d’analyse avancé sur le livre de N Bolles et probablement de Penn (je ne l’ai pas lu) ainsi qu’une connaissance importante du monde de l’orientation et de ses méthodes permettrait à un individu intéressé par le sujet ou désireux d’être aidé, d’identifier que l’ouvrage de N Bolles ou Penn posent quelques problèmes de fond et qu’il vaudrait mieux en choisir un autre. Je me réfère ici non pas seulement dans l’ouvrage de N Bolles à l’utilisation déformée d’études scientifiques pour appuyer son discours et ses théories, mais a l’échafaudage complexe de sa méthode tenant principalement sur le test du Riasec (Test de personnalité au travail permettant de dissocier 6 types) qui en soit est particulièrement lacunaire, influence la réflexion mais surtout qui n’a rien à voir avec l’orientation dans le sens où il faut selon moi l’envisager : faire un choix de vie basé sur la connaissance de soi, ses priorités, la recherche de sens et surtout, je n’insisterais jamais assez, sans être influencé.

Je pense pouvoir conclure à présent qu’il est donc nécessaire d’avoir quelques connaissances préalables sur le sujet pour arriver à déterminer la pertinence réelle d’une parole, d'une idée, d'une démonstration, d'une conclusion, d'un concept, d’un ouvrage, d’une méthode ou d’une théorie et donc de se faire son idée ou un choix.

Cela dit, ceux qui ont l’habitude de lire les avis négatifs sur les ouvrages en premier lieux, peuvent déjà avoir quelques pistes de réflexion, bien que les avis ne reflètent pas toujours la réalité d’une œuvre et que nous avons tous une conception propre et apprécions la « qualité » différemment.

Il ne faut pas balayer pour autant tout apport des points de vue pluridisciplinaires. Par exemple, il peut être intéressant qu’un philosophe ou un anthropologue se penche sur ce sujet, avec un regard particulier, mais il serait déjà plus délicat de choisir de suivre une méthode d’orientation qu’il aurait décidé de créer.

Il y a des croyances sans fondements qui peuvent ne pas être nuisibles et d’autres qui peuvent l’être, notamment sur les questions d’orientation, de choix de carrière ou de choix de vie. D’où la nécessité d’être particulièrement vigilant.

Par conséquent, recherchez de manière approfondie les différents éléments repérés, idéalement via des études scientifiques en faisant attention aux financements de celles-ci, car nous sommes tous conscients, depuis le procès contre les entreprises du tabac, des procédés pour décrédibiliser des études sérieuses en produisant d’autres études scientifiques expliquant le contraire afin de semer le doute.

Influencer en semant le doute est le meilleur procédé de décrédibilisation et de fabrique de l’ignorance.

C’est pourquoi, lorsque certains ne savent plus quoi penser sur certaines questions comme par exemple la vaccination, les pesticides, les nitrites, l’alcool ou le tabac, ils peuvent être amenés à penser ou à dire : « Boh, il faut bien mourir de quelque chose ! ». Et parfois même en introduction : « Oh, il faut faire attention a tellement de choses de nos jours, il faut bien vivre ! ».

Cette pluralité d’informations, de théories, de concepts, d’idées, de croyances, de normes, etc. demande un temps et une énergie considérable pour en faire un état des lieux exhaustif et se faire son idée.

Sur certains sujets, les spécialistes s’affrontent et font des études sous différents angles et ont des résultats différents qu’ils analysent de façon différente. Je pense aux psychologues qui font des recherches sur les causes de l’augmentation des taux de suicide chez les jeunes aux états unis et dans les pays d’europe et qui les corrèlent avec l’augmentation de l’usage des réseaux sociaux, notamment… Certains y voient une réalité que d’autres mettent en doute à coup de statistiques et d’autres études.

Il n’est pas rare que les penseurs, les philosophes, les psychologues, les anthropologues et scientifiques de tous horizons n’arrivent pas à un consensus.

En conclusion, vous devez accepter que l’incertitude sur certains sujets soit plus judicieuse qu’une croyance idiote et que rien ne soit véritablement démontrable ou sûr à 100 %.

La connaissance peut vous aider à maitriser l’influence.

Pour arriver à se forger une idée la plus éloignée des croyances et la plus proche de la réalité telle que notre civilisation la conçoit aujourd’hui, il est nécessaire :

  • d’identifier et questionner les raisonnements biaisés ou références basés sur des croyances,
  • la base des conseils qui vous seront donnés,
  • remettre en question le référentiel, normes et stéréotypes,
  • s’interroger sur les citations à l’interprétation nébuleuse en guise de soutien à l’argumentation,
  • ne pas se laisser berner par des sophismes convaincants,

Bref, il s’agit de retrouver notre liberté de penser, libérée le plus possible du cloisonnement inévitable et imposé par notre éducation, notre société et notre conditionnement.

En résumé et pour mieux retenir :

  • La source est-elle sûre, qu’est ce qui la rend sure ? Je recherche et je valide.
  • Je questionne tout et je tente de croiser les informations avec d’autres sources. Je vérifie la validité des bases de ce qui m’est dit.

 

 

Cela marche aussi lors d’une discussion avec quelqu’un qui tente de vous expliquer quelque chose, voire qui vous raconte une histoire, par contre attention, cela ne plaît pas à tout le monde que l’on questionne leur dire et je dirais même que selon Dale Carnegie, on peut considérer que ce n’est pas le meilleur moyen de se faire des copains. Je fais ici une différence entre copains et amis, les amis étant ceux à qui on devrait pouvoir tout dire et également critiquer la pensée.

 

Après tout, au-delà de la recherche de confort, n’est-ce pas dans l’échange et la critique constructive que le monde avance et que l’intelligence progresse ?

 

Progressons ensemble !

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