5 étapes simples pour se protéger de l’influence

Qu'est-ce que l’influence ?

Vaste sujet dont la toile d’araignée qui peut la représenter est terriblement fine, souvent imperceptible et complexe à correctement identifier et cartographier pour la définir, mais aussi l’expliquer et tenter de la déjouer.

Cet article n’a pas vocation à détailler l’influence dans ses moindres aspects et effets, cela serait bien trop long et fastidieux. Il a deux fonctions principales :

  • la première est de vous donner la liste de ce que vous pouvez faire pour en limiter les effets,
  • la deuxième est de vous expliquer comment y arriver concrètement en vous fournissant quelques explications ainsi que des exemples.

Voilà donc pour les plus pressés ou ceux qui ont besoin d’une structure préalable à un exposé, les 5 étapes clés pour vous aider à vous protéger globalement de l’influence. C’est un processus général qui ne peut forcément pas correspondre à tous les types d’influences, mais qui cherche à combattre les croyances, les normes et l’acquisition de nouvelles connaissances, notamment.


5 étapes en 2 parties, adaptables selon le sujet :

I) Questionner l’expertise de la source

  1. Qui s’exprime ? Quels sont sa formation et son parcours ?
  2. Quel élément permet de déterminer s’il sait véritablement de quoi il parle ?

 

II) Remettre en question le discours

  1. Cite-t-il ses sources ou l’origine de ses dires ou raisonnements ?
  2. Vous devez décortiquer et analyser le discours et le niveau de justification et de précision des propos.
  3. Vous devez vérifier la justification éventuelle de ce qu’il dit, même s’il se base sur une étude scientifique, vous devez vérifier le sérieux de l’étude et de ses auteurs, mais aussi que l’auteur n’a pas mal compris les conclusions des scientifiques et ceci afin de vérifier que son analyse n’est pas faussée.

Trois autres éléments importants pour d'autres types d'influences; il faut savoir dire NON, il faut être capable de ne pas se laisser contraindre à faire ce que l'on ne veut pas faire, même d'un proche, et pour finir, il faut avoir la lucidité qui permette de savoir faire la différence entre ce qui relève de l'argumentation honnête et objective pour convaincre et ce qui relève de la manipulation.


Important : Toute pensée ou idée ne peut pas forcément être prouvée scientifiquement et l’on peut adhérer à une idée ou concept parce qu’elle fait sens ou qu'il est bien argumenté, ce qui ne la rend pas vrai ou fausse.

Nous allons approfondir tous ces points.

Voici à présent le mode d’emploi pour surmonter l’influence.

L’enjeu est véritablement la liberté, la liberté de la pensée.

C’est cette liberté de penser qui vous permettra de faire des choix qui sont véritablement les vôtres. Qui aujourd’hui peut se vanter et prouver qu’il y arrive toujours ?

Ceci est d’autant plus vrai à l’ère des réseaux sociaux, de la propagande, du marketing, de la désinformation, des journalistes free-lance seulement motivés par le nombre de clics que générera le titre de leur article (putaclic).

Beaucoup d'articles sites Internet traitent de l’influence et de la manipulation sous l’angle de la confiance en soi, c’est parfaitement ridicule et réducteur.

Pour générer des clics et donc de l’argent, quel que soit le sujet, beaucoup de bloggeurs sont prêts à vous raconter n’importe quoi du moment que leur texte comporte les bons mots clés et fait un certain nombre de mots déterminés pour plaire à Google et augmenter leur présence sur la toile.

Mais la qualité baisse, car elle n'est plus vraiment essentielle pour faire parler de soi. D'après SEMRUSH, "selon des études, 59% des contenus partagés sur les réseaux sociaux n'ont pas été consultés. Cela veut dire que, souvent, un titre accrocheur suffit pour développer la visibilité de votre article". Cela fait référence à une expérience du site satirique The Science Post, qui a publié un article en lorem ipsum, donc sans aucun contenu a part le titre, article qui aurait été partagé 50000 fois ainsi qu'a un article paru dans le Chicago Tribune qui mentionne également une recherche scientifique née d'une collaboration entre "Columbia University and the French National Institute" que je n'ai pu trouver. Si vous vous intéressez au sujet vous trouverez beaucoup d'études qui dans leur logique rejoignent ce qui est dit ici, temps passé sur les réseaux, temps maximal d'attention par stimuli et bien d'autres thèmes intéressant sur les nouvelles habitudes numériques des populations.

J'espère seulement que les auteurs se sont intéressés à savoir si le fait pour un individu d'avoir rencontré trop de fausses news et trop d'articles bidons ou peu intéressants / pertinents par rapport à leur recherche avaient causés ces comportements ou pas?

C’est pourquoi il est de plus en plus difficile d’accéder à une information fiable et pertinente au premier coup sur Internet. La bonne information est engluée au milieu de centaines de mauvaises, ou fausses, d’articles qui ne sont que des copiés collées, d’agencements, de réécritures d’articles, et chacun post sa propre mouture sur un sujet.

Parfois, et j’en publierais un exemple dans peu de temps, nous pouvons constater un plagiat pur et simple, des copiés collés de paragraphes, chapitres voire articles complets.

Et ne reliez pas cela au phénomène des fausses news, car celui-ci s’additionne plutôt au phénomène « bloggeur ».

Le travail visant à recouper les sources n’en est alors que plus difficile. Et c’est bien là que le premier point visant à s’interroger sur la qualité et la légitimité de la source représente la clé de voute du système à mettre en place pour contrer l’influence.

Selon moi, l’influence ne naît pas forcément lors du processus d'acquisitions de nouvelles croyances ou connaissance d’un manque de confiance en soi ou d’affirmation de soi, mais plutôt d’un manque d’esprit critique et d’ignorance. Je m’explique, ce manque de confiance peut dans une certaine mesure influer sur votre volonté d’approfondissement, sur votre volonté de questionner ce qui vous est dit. Par exemple, se dire que l’on est trop bête pour comprendre est probablement le meilleur moyen de le rester.

Qui peut se targuer aujourd'hui d’être savant dans tous les domaines ? Par conséquent, l’ignorant qui pense être trop bête pour comprendre certains sujets pourra croire le premier venu et se faire influencer, s’il en reste là et l’intègrer comme savoir.

Il est ici nécessaire de ne pas faire l’amalgame entre croyance et savoir.

Voici une définition rapide de la croyance selon le Larousse : « Fait de croire à l’existence de quelqu’un ou de quelque chose ».

Voici à présent une définition du savoir : « Être au courant de quelque chose, le tenir ou le donner comme vrai, réel ».

La croyance n’a rien de vrai, c’est le fait de croire en quelque chose, qui peut n’avoir aucun lien avec la réalité, ou ne pas pouvoir être démontré.

Le savoir est une connaissance fondée sur la réalité, souvent démontrée par la science, comme une réaction chimique par exemple. Idéalement, on tend à considérer qu’elle est indiscutable, même si bien sûr, bien des connaissances scientifiques sont remises en question par de nouvelles découvertes. Par conséquent, l’état du savoir n’est vrai que jusqu’à preuve du contraire, dans certains domaines et sur certains sujets.

Et oui, le concept de réalité peut être lié aux représentations de chacun, mais ne complexifions pas trop.

C’est pourquoi cela se règle in fine par le questionnement et la vérification, passerelles qui mènent à la connaissance. Une action plus facile à réaliser dans le présent et dans le futur que pour une action passée. Imaginez l’ampleur du travail pour décortiquer tout ce qui vous a influencé depuis votre naissance pour être ce qui constitue aujourd’hui votre système de croyances et savoirs ? Nous sommes donc bien plus dans une action réaliste intégrant une dynamique d’analyse des acquis dans le présent et le futur prioritairement, même si dans une démarche de reconversion, il faut venir questionner certaines idées reçues et certaines croyances limitantes.

Ce n’est pas seulement sous la forme des conseils, des histoires ou des articles dont l’information est acceptée trop rapidement en tant que fait, ou vérité, que celle-ci s’immisce dans nos têtes. Elle s’y est ancrée également par l’éducation, les organisations, règles, normes et processus divers qui gouvernent les aspects de nos vies et que nous ne pouvons pas forcément combattre : le système de notation des apprentissages et la compétition qui en résulte allant jusqu’au prix nobel en sont un exemple frappant. Une autre image frappante très insidieuse est l’influence d’un pervers narcissique qui dès le début de la relation influence sa victime qui généralement n’en a absolument pas conscience et va se retrouver à accepter des comportements, des remarques ou faire des choses qu’elle pensera inconcevable quand elle finira par y réfléchir plus tard.

Et le problème n’est pas si simple, surtout si l’on considère, à juste titre, puisque l’on y arrive tout naturellement, qu’il y a bonne et mauvaise influence. j'ai un article en préparation sur cette question.

D’un point de vue social par exemple, la pensée commune pourrait considérer qu’une « bonne » influence serait celle d’un ami qui va tirer un enfant vers le civisme ou la connaissance, plutôt que vers la délinquance ou l’ignorance.

Évidemment, cela va dépendre des valeurs de chacun, mais il n’y a aucune échelle de notation ou de valeur de l’influence ni aucun outil permettant d’évaluer ou quantifier la nature de son impact.

Par conséquent, l’influence est un phénomène très pernicieux, qu’il est impossible de totalement identifier et contrôler, dans sa forme et ses effets et qui peut également dépendre des conceptions de chacun.

Du coup, la recette à appliquer sera simple en apparence, mais compte tenu de la complexité du phénomène, elle sera coûteuse en ressources cérébrales et temporelles.

Vous souhaitiez avant tout une méthode pour vous en défaire et non un approfondissement du phénomène et de ses effets. Je m’arrêterai donc là et consacrerai un article beaucoup plus long sur cette question ultérieurement qui reprendra une partie des éléments présentés. Vous pourrez le retrouver sur le blog.

Voici les deux grands principes pour se protéger de l’influence, que je vous propose de mettre en œuvre, et ceci, quel que soit sa forme ou son domaine d’action :

Le premier principe est donc de s’interroger sur l’expertise de la source.

D’abord, ce n’est pas parce qu’un individu se dit expert ou se présente en tant qu’expert qu’il l’est, par contre il cherche certainement à vous le faire croire et donc à vous influencer. Je lisais récemment une interview d’un scientifique de renom qui m’a frappé, et comme il le disait si bien, les vrais experts ne se présentent pas en tant qu’experts.

L’expertise relève dans mon référentiel de l’expérience.

La terminologie de spécialiste est différente selon moi, car je trouve qu’elle précise que vous êtes « spécialisé » sur un thème particulier. Je le prends au sens de spécialisation dans un domaine.

Les mots ont leur importance, même s’il peut simplement être question de l’amalgame d’un individu et non d’un manque d’humilité.

Le larousse considère qu’un expert est quelqu’un qui connaît très bien quelque chose par la pratique et qu’un spécialiste est une personne qui a des connaissances approfondies dans un domaine et donne une deuxième définition via un exemple : Médecin qui se consacre de manière exclusive à une discipline médicale, qui exerce une spécialité.

Spécialiste ou expert, il faut aussi être vigilant. Un médecin nutritionniste peut écrire un ouvrage sur un nouveau régime, régime qui sera décrié par d’autres médecins et nutritionnistes en suivant avec une argumentation pertinente, qui seront probablement eux aussi des spécialistes.

La parole d’un spécialiste n’offre pas de garantie de vérité a priori.

Dans un tel contexte, définir à qui faire confiance n’est pas une entreprise facile et demande beaucoup de temps de recherche pour savoir vraiment de quoi il retourne et encore cela ne garantit pas forcément que ce que vous choisirez de penser est vrai ou sera ce qui s’approche le plus de la réalité.

Alors, comment s’y prendre pour questionner l’expertise de la source ?

Il vous suffit de procéder par étape. Imaginons que le sujet relève du développement personnel et qu’il s’agisse d’un livre sur le « lâcher prise ».

Un spécialiste du Yoga pourrait être tenté, quelle qu’en soit la raison, d’écrire un ouvrage sur le sujet, considérant qu’ouvrir ses sept chakras est la meilleure solution pour « lâcher prise ».

Un psychologue spécialiste des questions des exigences irrationnelles et de l’anxiété, comme Albert Ellis, l’un des pères des thérapies comportementales et cognitives (TCC), traite également de cette question du « lâcher prise ».

Didier Pleux, auteur et docteur en psychologie du développement traite du « lâcher prise », dans son ouvrage « Exprimer sa colère sans perdre le contrôle ».

Nous sommes en présence de plusieurs angles d’approche de cette question qui selon les sensibilités, connaissances préalables ou croyances de chacun peuvent avoir un écho particulier et tout autant d’intérêt !

De ces trois ouvrages, quelle serait la source à privilégier selon vous ?

Quel est le livre dans lequel vous êtes le plus susceptible de trouver une information fiable ? Fiable au sens de crédible, qui ne soit pas basé sur des croyances invérifiables, mais basé sur l’expérience professionnelle et idéalement validé scientifiquement.

Ce n’est pas si évident que cela. Surtout si on part du principe que la méthode des chakras peut permettre à certains de lâcher prise, sur le long terme, même si elle ne peut être scientifiquement prouvée. C'est là que nous sommes confrontés, dans ce raisonnement, à la question du résultat lié à l'appréciation de l'influence mais à ce stade nous ne pouvons évaluer aucun résultat puisque nous sommes en train de choisir à qui faire confiance, alors passons à autre chose, j'approfondis la question du résultat dans l'article traitant de l'idée reçue sur la bonne et la mauvaise influence

Je ne sais pas répondre à cette question, mais en ce qui me concerne, étant ignorant sur la question des chakras et considérant a priori tout cela comme de l’autosuggestion, de la manipulation mentale et comme un phénomène invérifiable, je serais tenté de préférer les autres approches surtout compte tenu de mon profil. Mais si l’on se borne à considérer les résultats effectifs et que l’on imagine que le Yoga serait capable d’être aussi efficace sur le long terme que les deux autres approches pour l’individu qui choisirait cette méthode, alors c’est une autre histoire. C’est assez réducteur, mais finalement ne serait-ce pas seulement le résultat qui compte dans ce contexte même si cela est basé sur une croyance sans fondements, si l’on admet qu’il n’y a pas de réels mauvais côtés pour l’individu. Nous pouvons ici faire le parallèle avec l’effet placebo.

Les deux autres approches des psychologues nous offrent des théories basées sur leur observation clinique et leur réflexion sur ces questions, ils offrent une argumentation et un raisonnement qui fait sens, mais il ne s’agit pas d’une expérimentation scientifique supportant indubitablement leur théorie.

C’est un peu comme si nous cherchions à démontrer par l’expérimentation la théorie freudienne du complexe d’œdipe ! Bon courage, surtout que peu d’analystes devraient pouvoir se targuer de l’avoir déjà clairement identifiée en thérapie. Mais c’est un autre débat.

Quoi qu’il en soit finalement, nous sommes ici face à trois théories, quels qu’en soient leurs fondements.

Dans un tel cas de figure, il serait sûrement judicieux de toutes les étudier et les mettre en pratique, les unes après les autres. Ce qui pourrait vous permettre, en fonction de votre protocole de test de déterminer celle qui vous a réellement aidé, s’il n’y en a qu’une.

Prenons un autre exemple qui pourrait vous arriver après avoir creusé un peu, sur un sujet que je maîtrise mieux : le changement de carrière. Nous allons également pouvoir approfondir un peu plus.

D’un côté, on prend le livre sur le changement de carrière d’un auteur et conférencier américain, Richard N bolles « What color is your parachute », malgré que son travail soit basé sur le Riasec et que ce soit une hérésie de l’adapter à l’orientation. Vous trouverez le détail et l’explication dans mon ouvrage « Surmonter l’influence et changer »).

De l’autre, une autrice anglaise multidisciplinaire comme Joanna Penn, avec son livre « Career Change ».

C’est lorsque l’on s’intéresse à l’expertise de la source, que l’on vérifie sa formation, sa carrière et que l’on tente d’évaluer la légitimité a priori, de ses idées, que l’on peut mieux identifier quel livre choisir.

Richard N bolles, a vendu 10 000 000 de copies de son ouvrage dans le monde, déclare t’il. Si vous approfondissez la formation et l’expérience professionnelle de l’auteur, vous constaterez qu’il a un bachelor de physique et un master de théologie générale. Rien qui ne puisse légitimiser son discours au niveau de l’orientation, il est difficile de définir, dans sa formation ou son expérience ce qui lui donne les compétences d’expliquer aux autres comment trouver leur voie et ce qui l’a poussé à le faire. On pourra me rétorquer que ce succès et ce manque de lien entre formation et activité professionnelle, est particuliere puisque lié au marché américain et ses normes, soit.

D’ailleurs, c’est le même phénomène avec Simon Sinek qui est avant tout un professionnel du marketing et qui rencontre un succès fou avec sa méthode de choix de carrière « Start With Why » et « Find Your Why » alors que son concept n’a aucuns fondements et présente même un certain danger. Je vous renvoie ici à mes deux articles sur la question que vous retrouverez dans le blog.

Sur le marché du développement personnel ou de l'orientation ce n’est pas l’expertise ou la spécialisation qui permettent à votre travail d’être mis en lumière.

Joanna Penn, indique dans sa bio sur Amazon avoir étudié la psychologie sans aller jusqu’au master, et a également un master en théologie. Elle est autrice de thriller et a écrit de nombreux livres sur différents sujets liés à l’autoédition destinés aux auteurs qui se lancent. Au milieu de cela elle a donc écrit dernièrement un livre sur le changement de carrière. Elle a également écrit un autre livre sur l’intelligence artificielle, la blockchain et les mondes virtuels. Sujets probablement porteurs actuellement ?

Il n’est pas nécessaire d’aller plus loin pour le moment.

A priori, à quel auteur feriez-vous le plus confiance sur le sujet du changement de carrière ?

 

 

 

 

 

 

Votre réponse devrait probablement être : N Bolles, bien qu’idéalement selon moi, il serait préférable de considérer « aucun » comme réponse la plus judicieuse.

Nous passons à présent à la deuxième étape qui est de remettre en question le discours.

Voici un exemple tiré de mon livre mentionné ci-dessus et je tiens à signaler que pour donner une valeur universelle à la recherche que je vais mentionner compte tenu de sa nature, il faudrait considérer que la perception de la vie des américains est en tout point semblable à celle de tous les autres habitants de la planète et qu’elle soit également Trans générationnelle et basée sur un échantillon suffisamment représentatif, chose que je ne précise pas dans mon ouvrage, à tort :

Bolles, Richard N. What Color Is Your Parachute? 2020 (p. 99) nous parle de l’étude suivante pour expliquer le fait que l’argent fait un peu le bonheur. Cette étude est parue dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences qui démentirait en partie et en apparence le proverbe selon lequel l’argent ne fait pas le bonheur. Réalisée par Daniel Kahneman, Prix Nobel d’Économie en 2002, et son collègue de l’université de Princeton, Angus Deaton, l’étude est intitulée : High income improves evaluation of life but not emotional well-being porte sur le bien-être de 450 000 Américains interrogés en 2008 et en 2009 pour l’indice Gallup-Healthways.

Si l’on s’arrête sur le titre uniquement, l’étude parle de l’impact sur l’évaluation de sa vie et non pas de bonheur !

Bolles nous livre cette analyse : « the less money they made, the more unhappy they tended to be, day after day. No surprise there. And, obviously, the more money they made, measured in terms of percentage improvement, the happier they tended to be, as measured by the frequency and intensity of moments of smiling, laughter, affection, and joy all day long, vs. moments of sadness, worry, and stress. So, money does buy happiness. But only up to a point. »

On peut donc lire mot pour mot : « Donc l’argent achète le bonheur. Jusqu’à un certain point. »

Cela a également été écrit en ces termes dans la presse.

Pourtant, dans le résumé des auteurs, nous pouvons lire : « We conclude that high income buys life satisfaction but not happiness, and that low income is associated both with low life evaluation and low emotional well-being. »

Traduction : Nous concluons qu’un revenu élevé achète une vie satisfaisante, mais pas le bonheur, et qu’un faible revenu est associé à la fois à une faible évaluation de la vie et à un faible bien-être émotionnel.

Ce qui signifie qu’avoir un bon salaire augmente votre PERCEPTION d’avoir une vie SATISFAISANTE, mais PAS le BONHEUR.

Nous pouvons lire également dans le résumé de l’étude : « The question of whether ‘money buys happiness’ comes up frequently in discussions of subjective well-being in both scholarly debates and casual conversation. The topic has been addressed in a vast and inconclusive research literature ».

Traduction : La question de savoir si « l’argent achète le bonheur » est fréquemment soulevée dans les discussions sur le bien-être subjectif, tant dans les débats universitaires que dans les conversations informelles. Le sujet a été abordé dans une vaste et peu concluante littérature de recherche.

En d’autres termes, nous n’avons pas encore pu prouver qu’il existe un lien entre l’argent et le bonheur.

Et pourtant, il apparaît que c’est tellement ancré dans nos croyances que même des auteurs et des ouvrages de la renommée de celui de Bolles, ce qui n’en définit aucunement sa qualité, en font en apparence la conclusion et renforcent par là même ces croyances.

Et sans esprit critique, sans aller vérifier l’étude par vous-même, parce que l'auteur semble savoir de quoi il parle et est apparemment assez intelligent pour analyser ce genre d'études, vous vous faites avoir. Ou en tout cas, les choses sont déformées, tournées différemment.

Au-delà de l’utilisation spécieuse d’une recherche pour appuyer son discours et si l’on se borne à étudier la méthode proposée, seul un travail d’analyse avancé sur le livre de N Bolles et probablement de Penn (je ne l’ai pas lu) ainsi qu’une connaissance importante du monde de l’orientation et de ses méthodes permettrait à un individu intéressé par le sujet ou désireux d’être aidé, d’identifier que l’ouvrage de N Bolles ou Penn posent quelques problèmes de fond et qu’il vaudrait mieux en choisir un autre. Je me réfère ici non pas seulement dans l’ouvrage de N Bolles à l’utilisation déformée d’études scientifiques pour appuyer son discours et ses théories, mais a l’échafaudage complexe de sa méthode tenant principalement sur le test du Riasec (Test de personnalité au travail permettant de dissocier 6 types) qui en soit est particulièrement lacunaire, influence la réflexion mais surtout qui n’a rien à voir avec l’orientation dans le sens où il faut selon moi l’envisager : faire un choix de vie basé sur la connaissance de soi, ses priorités, la recherche de sens et surtout, je n’insisterais jamais assez, sans être influencé.

Je pense pouvoir conclure à présent qu’il est donc nécessaire d’avoir quelques connaissances préalables sur le sujet pour arriver à déterminer la pertinence réelle d’une parole, d'une idée, d'une démonstration, d'une conclusion, d'un concept, d’un ouvrage, d’une méthode ou d’une théorie et donc de se faire son idée ou un choix.

Cela dit, ceux qui ont l’habitude de lire les avis négatifs sur les ouvrages en premier lieux, peuvent déjà avoir quelques pistes de réflexion, bien que les avis ne reflètent pas toujours la réalité d’une œuvre et que nous avons tous une conception propre et apprécions la « qualité » différemment.

Il ne faut pas balayer pour autant tout apport des points de vue pluridisciplinaires. Par exemple, il peut être intéressant qu’un philosophe ou un anthropologue se penche sur ce sujet, avec un regard particulier, mais il serait déjà plus délicat de choisir de suivre une méthode d’orientation qu’il aurait décidé de créer.

Il y a des croyances sans fondements qui peuvent ne pas être nuisibles et d’autres qui peuvent l’être, notamment sur les questions d’orientation, de choix de carrière ou de choix de vie. D’où la nécessité d’être particulièrement vigilant.

Par conséquent, recherchez de manière approfondie les différents éléments repérés, idéalement via des études scientifiques en faisant attention aux financements de celles-ci, car nous sommes tous conscients, depuis le procès contre les entreprises du tabac, des procédés pour décrédibiliser des études sérieuses en produisant d’autres études scientifiques expliquant le contraire afin de semer le doute.

Influencer en semant le doute est le meilleur procédé de décrédibilisation et de fabrique de l’ignorance.

C’est pourquoi, lorsque certains ne savent plus quoi penser sur certaines questions comme par exemple la vaccination, les pesticides, les nitrites, l’alcool ou le tabac, ils peuvent être amenés à penser ou à dire : « Boh, il faut bien mourir de quelque chose ! ». Et parfois même en introduction : « Oh, il faut faire attention a tellement de choses de nos jours, il faut bien vivre ! ».

Cette pluralité d’informations, de théories, de concepts, d’idées, de croyances, de normes, etc. demande un temps et une énergie considérable pour en faire un état des lieux exhaustif et se faire son idée.

Sur certains sujets, les spécialistes s’affrontent et font des études sous différents angles et ont des résultats différents qu’ils analysent de façon différente. Je pense aux psychologues qui font des recherches sur les causes de l’augmentation des taux de suicide chez les jeunes aux états unis et dans les pays d’europe et qui les corrèlent avec l’augmentation de l’usage des réseaux sociaux, notamment… Certains y voient une réalité que d’autres mettent en doute à coup de statistiques et d’autres études.

Il n’est pas rare que les penseurs, les philosophes, les psychologues, les anthropologues et scientifiques de tous horizons n’arrivent pas à un consensus.

En conclusion, vous devez accepter que l’incertitude sur certains sujets soit plus judicieuse qu’une croyance idiote et que rien ne soit véritablement démontrable ou sûr à 100 %.

La connaissance peut vous aider à maitriser l’influence.

Pour arriver à se forger une idée la plus éloignée des croyances et la plus proche de la réalité telle que notre civilisation la conçoit aujourd’hui, il est nécessaire :

  • d’identifier et questionner les raisonnements biaisés ou références basés sur des croyances,
  • la base des conseils qui vous seront donnés,
  • remettre en question le référentiel, normes et stéréotypes,
  • s’interroger sur les citations à l’interprétation nébuleuse en guise de soutien à l’argumentation,
  • ne pas se laisser berner par des sophismes convaincants,

Bref, il s’agit de retrouver notre liberté de penser, libérée le plus possible du cloisonnement inévitable et imposé par notre éducation, notre société et notre conditionnement.

En résumé et pour mieux retenir :

  • La source est-elle sûre, qu’est ce qui la rend sure ? Je recherche et je valide.
  • Je questionne tout et je tente de croiser les informations avec d’autres sources. Je vérifie la validité des bases de ce qui m’est dit.

 

 

Cela marche aussi lors d’une discussion avec quelqu’un qui tente de vous expliquer quelque chose, voire qui vous raconte une histoire, par contre attention, cela ne plaît pas à tout le monde que l’on questionne leur dire et je dirais même que selon Dale Carnegie, on peut considérer que ce n’est pas le meilleur moyen de se faire des copains. Je fais ici une différence entre copains et amis, les amis étant ceux à qui on devrait pouvoir tout dire et également critiquer la pensée.

 

Après tout, au-delà de la recherche de confort, n’est-ce pas dans l’échange et la critique constructive que le monde avance et que l’intelligence progresse ?

 

Progressons ensemble !